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Bâti entre 1899 et 1902, ce centre hospitalier moderne remplace le premier établissement, ouvert non loin de là en 1894 et devenu trop exigu. A l’heure où la capitale guinéenne, le pays entier et ses voisins affrontent une redoutable épidémie de fièvre Ebola, son nom a une résonnance toute singulière. C’est celui du médecin Noël Ballay, ancien lieutenant-gouverneur de la colonie, victime d’une épidémie de fièvre jaune. Au moment où le nouvel hôpital entre en fonction, au tout début du XXème siècle, il vient de succomber à Saint-Louis du Sénégal, où la maladie connait une flambée très meurtrière. Parti prêter main forte aux équipes soignantes, et contraint à assurer également l’intérim du gouverneur-général d’AOF tombé malade et évacué vers la métropole, il fait partie des très nombreuses victimes dans le corps médical. Saint-Louis, subit des épisodes de fièvre jaune récurrents, en 1830, 1881, 1890, 1900... Ce dernier décime le personnel sanitaire, ne laissant vivants que 2 médecins sur 25 dans la colonie ! Nombreuses autres villes africaines connaissent des tragédies comparables jusqu’à la mise au pont d’un vaccin dans les années 1930 et sa diffusion un peu plus tard. Ainsi, la capitale de la Côte d’Ivoire est transférée à Bingerville, après la terrible épidémie qui ravage la ville côtière de Grand Bassam entre 1899 et 1900. La fièvre jaune reste endémique en zone tropicale et continue de faire des victimes parmi les populations non-vaccinées. Aujourd’hui, la Guinée semble très démunie face à la nouvelle menace virale. Mais il faut noter le piètre héritage de la période coloniale en matière sanitaire, et l’absence d’investissement de la part des régimes suivants. Au moment de son indépendance, en 1958, le pays ne dispose que de 58 médecins dont seulement 3 docteurs en médecine guinéens ! Par la suite, les préoccupations des gouvernants n’ayant guère été au bien être des populations, le développement du secteur de la santé n’a pas accompagne l’explosion démographique de ces dernières décennies. – Un article très récent d’Adama Aly Ram, de la BCEAO, fait un parallèle intéressant entre la situation sociale actuelle et celle engendrée par les épidémies de choléra du XIXème siècle au Sénégal, cherchez sur un moteur de recherche « Les épidémies ont aussi une histoire : le choléra au Sénégal au 19ème siècle ».

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