• Palaver-Sitzung(Togo). Séance de palabre au Togo. - Ce tableau édifiant célèbre les sages traditions togolaises en matière de négociation. Il semble opportunément scénarisé pour illustrer certaines des options de la politique coloniale allemande. D’une part, il ne peut s’agir d’une scène de vie saisie à l’improviste par le photographe. Le matériel et les temps de pose requis pour capturer une telle image, en ce tout début du XXème siècle, nécessitaient en effet une certaine organisation. Il a sûrement fallu la préparer, la jouer, la rejouer  et attendre suffisamment longtemps –dans une grande immobilité !- pour impressionner la plaque de verre… D’autre part, cette photo porte les indices du message qu’elle est censée véhiculer, en l’occurrence justifier la délégation de l’exercice du droit aux chefs coutumiers. Ainsi, l’image présente clairement l’assemblée telle un tribunal. Elle est présidée par des édiles locaux siégeant en costume presque officiel. L’œil de la population est représenté par l’abondante assistance répartie de part et d’autre de la cour –et de la cours. Enfin le sérieux de la chose et l’adoubement de la colonie sont attestés en la personne d’un officiel allemand en uniforme, consignant les décisions par écrit. Les Allemands avaient en effet pris le parti de confier aux autorités indigènes les tâches de justice. Cette délégation présente plusieurs avantages. Elle fait porter sur les élites locales l’éventuel mécontentement lié à l’application de lois allemandes particulièrement sévères pour les indigènes. Elle permet aussi d’économiser substantiellement sur le personnel colonial dédié. L’économie des dépenses est un principe central dans la gestion du Togo. Ce territoire est considéré comme la colonie modèle par Berlin, car très tôt il rapporte à l’Allemagne plus qu’il ne coûte.
  • Togo : Marktplatz von Agome-Palime. - Pour édifier les bâtiments nécessaires au développement de la colonie, les architectes allemands du Togo vont se montrer créatifs. Ils ont en effet à composer avec le coût exorbitant des matériaux importés et avec des impératifs techniques inhabituels pour eux, liés aux conditions climatiques tropicales. Leurs constructions doivent en effet tout à la fois protéger leurs occupants du soleil intense, de précipitations diluviennes et de l’humidité émanant du sol. Il leur faut aussi résister aux tornades dévastatrices de la saison des pluies et durer pour s’inscrire dans le temps. Pour cela, les bâtisseurs vont mobiliser leurs connaissances architecturales européennes, faire appel à quelques pièces venues d’Allemagne, mais aussi s’inspirer des modes de construction traditionnels locaux et utiliser des matériaux disponibles sur place. Ainsi, comme le font les constructeurs de la région depuis des lustres, ils vont veiller à orienter leurs édifices d’est en ouest pour n’offrir que la faible surface des pignons aux ardeurs du soleil levant et couchant. Ils optent souvent pour des galeries, ou de larges avancés du toit, pour ombrager les longues façades. Ils utilisent les vents nord-sud dominants pour aérer, grâce à des fenêtres sur les deux façades offrant une circulation d’air intérieure de part en part. Ils recourent aussi à une technique de dite de noyau central, où la maçonnerie est protégée de l’échauffement solaire par des écrans plus légers en bois. Enfin, ils reprennent à leur compte le système de double toit isolant, avec une circulation d’air entre les deux couvertures permettant de dissiper la chaleur des tôles exposées au soleil. Au bout du compte, ces emprunts, cette hybridation des techniques et des styles, aboutissent à une « architecture tropicale allemande » originale, dont les principes pourraient figurer sans pâlir parmi ceux de la construction durable contemporaine.
  • Eingeborene soldaten (Soldats autochtones). - Cette force de protection comptait, selon les postes budgétaires mentionnés en 1897-98, un commandant, trois sous-officiers et cent cinquante soldats indigènes. A partir de 1914, elle devint une force de police (polizeitruppe) affectée au maintien de l’ordre et de la sécurité intérieure. Elle était alors constituée d’une troupe de cinq cents soldats autochtones - principalement recrutés chez les Bassari, les Cotokolis, les Kabyé et les Dagomba -, encadrés par deux officiers et trois sous-officiers allemands. Il existait aussi un excellent corps de réserve, composé de quelques dizaines d’Européens. Au moment de l’entrée dans la Grande Guerre, les Allemands mirent sur pied une force autochtone estimée à 1500 hommes, mais n’en aligna effectivement jamais plus de 500, et qui ne parvint pas à changer le cours des choses face aux troupes françaises du Dahomey et britanniques de Gold Coast.
  • Adjiki, Roi nègre dans son carrosse au milieu de ses Ministres. – Le roi Adjiki, monte sur le trône de Porto Novo en février 1908. Il connait à cette occasion une célébrité inédite dans la presse à sensation française. Cet engouement tient peut être au fait qu’il est le fils et le successeur du roi Toffa - l’allié de la France contre le roi Béhanzin d’Abomey à la fin du XIXème siècle – ou à la nostalgie hexagonale pour les choses de la royauté. Ou encore au passage au Dahomey du grand photographe dakarois Edmond Fortier, accompagnant la visite officielle du ministre des colonies en Afrique de l’Ouest de 1908, depuis son escale sénégalaise. C’est d’ailleurs lui l’auteur de ce cliché joliment composé. Le  Couronnement d’Adjiki est rapporté par Le Petit Journal Illustré, dans son édition du 5 avril 1908 : « Le prince Adjiki, fils de Toffa, coiffé du bicorne à plumes blanches, insigne de la souveraineté, assiste aux fêtes de son couronnement. Nous donnons plus loin, dans notre « variété », de curieux et pittoresques détails sur la façon dont on célébrait jadis, et dont on célèbre aujourd’hui, l’avènement d’un nouveau souverain dans ces contrées de la côte des Esclaves qui sont à présent colonies françaises. C’est le récent décès de Toffa, roi de Porto-Novo, et le couronnement de son fils, le prince Adjiki, qui nous ont fourni l’occasion de donner à nos lecteurs, d’après des documents d’une absolue exactitude, cette intéressante gravure sur les fêtes qui se sont déroulées à Porto-Novo. Adjiki a reçu le bicorne à plumes blanches, insigne du pouvoir, des mains de M. Marchal, lieutenant gouverneur de la colonie française du Dahomey, en même temps qu’un arrêté le nommait « chef supérieur des territoires français du Bénin ». De ce fait, Adjiki a pour attribution le concours à l’exécution de toutes les mesures prescrites par le lieutenant gouverneur ou par le président de Porto-Novo. Il intervient notamment lorsqu’il en est requis, auprès des chefs de région, de village ou de quartier pour les maintenir dans l’obéissance totale en toutes circonstances ou pour y maintenir les habitants du cercle de Porto-Novo. Il remplit les fonctions judiciaires qui peuvent ou pourront lui être dévolues par les actes régissant la matière. Le prince Adjiki reçoit, en cette qualité de chef supérieur un traitement annuel de 25.000 francs, outre la part lui revenant des remises sur l’impôt personnel, allouées aux chefs indigènes par les règlements en vigueurs. Et voilà comment il arrive parfois que la République fait des rois ».
  • Lomé, Avenue des Alliés. - Il s'agit de la voie connue depuis plusieurs décennies sous le nom de « rue du 24 janvier ». Ce nom commémore le crash de l'avion présidentiel, survenu à cette date en 1974 dans la localité de Sarakawa, à proximité du village natal du dirigeant togolais, et qui failli lui coûter la vie. Le DC3 avait fait un décrochage sur l’aile en manœuvrant à basse altitude pour trouver la piste d'atterrissage dans une faible visibilité liée à l'harmattan. L’accident, pourtant banal d'un point de vue aéronautique, fut érigée en « odieux attentat » par la propagande du régime. Selon cette mythologie politique développée alors, il s'agissait d'un « acte ignoble de l'impérialisme organisé par la haute finance internationale » et visait à liquider le chef de l'État pour s'emparer des ressources naturelles du pays - un gisement de phosphates en l'occurrence. Les bénéfices de cette mystification furent multiples : elle permit de mettre légitimement la main sur l'entreprise minière convoitée depuis un certain temps - elle fut promptement nationalisée -, mais surtout elle conféra au président un statut symbolique de sur-homme quasi immortel et de leader nationaliste visé par les puissances néfastes de la finance internationale (1). La rue des Alliés, ou avenue des Alliés selon les époques et les sources, croise les voies ferrées au niveau de la gare et la rue de la Libération au niveau où fut créée en 1934 la Place des fêtes de Lomé avec son kiosque à musique (2). Le 25 janvier 1993, ce lieu, devenu « Fréau-jardin » ou Place de la Libération, devait être le théâtre de la sanglante répression d'une manifestation de l'opposite par les militaires fidèles au Général Eyadéma. Les victimes furent nombreuses et la répression aveugle des jours suivants provoqua l'exil de plusieurs centaines de milliers de Togolais dans les pays limitrophes. Le secrétaire d'Etat française à la coopération et le ministre allemand des Affaires étrangères, tous deux présents dans la capitale togolaise ce jour-là, ne virent ni ne condamnèrent rien... Sources : (1) Toulabor, Comi, Le Togo sous Eyadéma, Paris, éditions Karthala, 1988. (2) Soulilou, J. (éditeur scientifique), Rives coloniale, Paris, éditions Parenthèses et éditions de l’Orstom, 1993.
  • Lomé, Stadtteil der Europäer. - Cette photo du « quartier des Européens » de Lomé à l’époque allemande ne représente pas, paradoxalement, le quartier appelé  Yovokomé, « le village des blancs » en mina, l’une des langues vernaculaires. En réalité, elle montre la zone commerçante de la ville - avec la cathédrale achevée en 1902 au fond - où exerçaient et logeaient marchands européens et africains. Le quartier administratif, abritant les services de la colonie et les logements des fonctionnaires allemands, justement désigné comme Yovokomé par les Loméens, se trouve dans le dos du photographe. La structure de la ville, avec ce quartier administratif un peu à l’écart du centre historique, tient à sa vocation commerciale initiale. Là, et contrairement aux autres capitales du continent où l’administration a accaparé tous les sols urbains, la propriété privée et individuelle des terrains est reconnue dès les origines. Les autorités font d’ailleurs dresser un cadastre dès leur arrivée en 1896, bien après l’installation des commerçants il est vrai. Ceux-ci, venus faire fortune, achètent et revendent les lots immobiliers comme toute autre marchandise, au point qu’il y a eu plus de mutations foncières dans la ville au cours de la brève période allemande (1884-1914) que depuis ! Les autorités coloniales se sont installées en bordure ouest du centre si convoité, créant une zone administrative géographiquement distincte du pôle des affaires. Cette séparation en fonction des activités, matérialisée au sol par le tracé ferroviaire, existe toujours aujourd’hui.
  • Lomé, l’hôtel Le Bénin en cours d’achèvement. –Premier établissement aux normes modernes d’Afrique de l’Ouest, il est bâti en un temps record, pour être achevé le 27 avril 1960, date de la proclamation d’indépendance. Il devait en effet héberger les personnalités étrangères invitées à la cérémonie. Sylvanus Olympio, le premier président, souvent considéré comme l’artisan de cette nouvelle souveraineté, ne devait pas achever son mandat. Il est assassiné le 13 janvier 1963, vraisemblablement à l’instigation de la France. Paris et son « monsieur Afrique » d’alors, Jacques Foccart, n’auraient pas supporté la volonté d’émancipation du chef d’Etat togolais. Celui-ci venait d’annoncer sa sortie prochaine de la zone CFA, au profit d’une monnaie qu’il souhaitait voir adossée au mark allemand. Réveillé dans la nuit par l’intrusion de militaires à son domicile, il s’était réfugié dans le parking de l’ambassade américaine voisine. Mais il est livré à ses bourreaux par l’ambassadeur lui-même, qui l’avait pourtant assuré de sa protection en le découvrant caché dans une voiture. Selon les témoignages, les aveux et les époques, son exécution a été attribuée à trois hommes distincts : le sergent chef Etienne Gnassingbé, qui finira par prendre le pouvoir en 1967 sous le nom de Gnassingbé Eyadéma, un autre sous-officier togolais nommé Robert Adéwi, de sinistre  mémoire, et le commandant français Georges Maitrier. Le fils de Sylvanus Olympio devait longtemps porter le flambeau de l’opposition, avant de se rallier récemment au pouvoir, occupé depuis la mort du général Eyadéma par un de ses fils. La fête nationale du Togo, fixée au 13 janvier du temps du président Eyadéma, commémore ainsi à la fois la date d’un assassinat et celle du premier coup d’Etat sanglant de l’Afrique indépendante. – Cette photo provient du fonds de Léon Anselmo, qui vécut au Togo et prit part à la construction de nombreux édifices dont l’hôtel Le Bénin.
  • Le Bureau des Douanes à Lomé. – Ce bâtiment, construit en 1903 par les Allemands juste en face du wharf, a été démoli en 1983, laissant place à un centre commercial moderne comptant des salles de cinéma, un casino, une boite de nuit et un hôtel. Les douanes jouaient un rôle capital dans le dispositif colonial allemand. Elles fournissaient en effet la majeure partie des ressources budgétaires du Togo, qui finit par ne plus rien coûter à la métropole à partir de 1906. Les Allemands considéraient de ce fait le Togo comme « Musterkolonie », la colonie modèle. Les marchandises pour tout le territoire, qui devaient être obligatoirement débarquées par le wharf -et donc directement devant la douane-, étaient soumises à une taxe de 10%. Seuls certains articles, comme les sacs, les bouteilles ou les wagons, bénéficiaient d’une franchise douanière. Les Anglais et les Français qui succèdent aux Allemands après la défaite locale de 1914, maintiennent dans un premier temps un système douanier comparable à celui de leurs prédécesseurs. Ensuite, tandis que les Anglais adoptent le même régime douanier au Togo britannique qu’en Gold Coast, les Français instaurent au Togo sous mandat un statut moins favorable qu’au Dahomey et créent ce faisant une concurrence entre les deux territoires mitoyens qui obligea à rétablir un poste de douane à Aného et un contrôle de la frontière sur le Mono. Progressivement, la situation est normalisée, et peu avant la seconde guerre mondiale le régime douanier des deux territoires est aligné sur celui du reste de l’AOF.
  • Porto-Novo, sur le marché. - « Le voyageur qui visite pour la première fois Porto-Novo est intéressé par le spectacle des rues. Celles-ci sont en effet très animées : on ne rencontre que femmes portant des caisses de genièvre, de muscat, manœuvres roulant des tonneaux de tafia, indigènes se rendant aux factoreries avec leurs pots d’huile de palme ou avec leur sac d’amande. Les marchandes à la criée ne sont pas inconnues. Chacun peut acheter, dans la rue, la nourriture habituelle de l’indigène : poisson fumé et bouteille d’acaça (farine de maïs bouillie). Dans les cuisines établies en plein vent, on vend au passant des friandises qui sortent toutes chaudes de l’huile de palme bouillante… » (1). Cette carte postale fait partie du travail du photographe et éditeur dakarois Edmond Fortier (1862-1928). Elle appartient à un reportage qu’il mena dans le sud du Dahomey en 1908, alors qu’il accompagnait, depuis l’escale de Dakar, le voyage officiel accompli sur la côte oust africaine par le Ministre des colonies Raphaël Milliès-Lacroix. Sources : (1)Hagen, A, « La colonie de Porto-Novo et le roi Toffa » dans, Revue d’ethnographie [ dir. Hamy, Ernest], Paris, éd. Ernest Leroux, 1887.
  • Lomé, rue du Commerce. - La rue du commerce est le centre d’affaire historique de la capitale togolaise. La ville s’est d’ailleurs constituée autour de sa vocation commerciale, à partir des années 1870 : des marchands Ewé, installés sur la côte pour mener la traite légitime (l’huile de palme essentiellement) avec les navires européens, sont venus se fixer en bordure de la frontière est de la Gold Coast, pour échapper aux lourdes taxes douanières britanniques. Aux pionniers se sont bientôt joints d’autres commerçants de la région, Mina venus de l’est et Haoussa descendus du nord. Au début des années 1880, des compagnies européennes, allemandes notamment, s’installent à Lomé, alors appelée Bey Beach (le nom du quartier de Bé en serait l’héritage). C’est sur l’initiative des commerçants allemands de Lomé – qui se sentaient légitimement menacés par les autorités coloniales anglaises, elles-mêmes exaspérées par cette concurrence à leurs portes - que l’explorateur Nachtigal s’arrête là, signe un traité et proclame le protectorat de l’empire allemand sur le Togo en 1884. Sur ce cliché, on peut distinguer, juste dans le dos des deux promeneuses, deux des hauts-lieux de la rue, la maison John Holt et tout à côté l’hôtel Gariglio, devenu ensuite Hôtel du Golfe.
  • Porto-Novo, une rue. – « Porto-Novo et la banlieue d’Hogbonou nous offrent des types d’habitations retrouvés nulle part ailleurs. Rien n’est plus curieux que de pérégriner le long des ruelles étroites, creusées de ravines, coupées de ponts fragiles. Nous voyons des maisons dont la terre de barre est dissimulée sous un revêtement de couleur bleu pâle, ocre jaune, rouge, garnies de mirador, de faux balconnets, de croisillons aux fenêtres, vestiges des premiers Portugais qui vinrent sur cette Côte des Esclaves, vers le XVIè siècle » (1). Cette carte postale fait partie du travail du photographe et éditeur dakarois Edmond Fortier (1862-1928). Elle appartient à un reportage qu’il mena dans le sud du Dahomey en 1908, alors qu’il accompagnait, depuis l’escale de Dakar, le voyage officiel accompli sur la côte oust africaine par le Ministre des colonies Raphaël Milliès-Lacroix. Sources : (1) Bonzon, L., Despois, J., Lacharriere de, L., Leyritz, A., Marquis-Sebie, D., Multedo de, C., Rectenwald G. et Reste, J.F., Le domaine colonial français, Paris, éditions du Cygne, 1929.
  • Lomé, le Palais du Gouverneur. - Construit de 1898 à 1905, il abritait au rez-de-chaussée les bureaux et à l’étage les appartements du gouverneur, selon le modèle habituel des bâtiments coloniaux. Le gouverneur August Kohler (1858 – 1902), qui était au Togo depuis 1895, décida en 1898 l’emplacement à 250 m de la plage. Pour que l’ensemble de l’édifice puisse être vu depuis les navires en mer, et ce malgré un talus qui bordait le rivage, il reçu un sous-bassement de 3,50 m. Sur ce cliché, on distingue, au mat de drapeau du bâtiment, les couleurs françaises. L’édifice devait continuer en effet à abriter l’exécutif du Togo, durant l’occupation britannique, entre 1914 et 1920, puis sous le mandat français et même après l’indépendance, jusqu’à la construction de la nouvelle présidence, sur un terrain mitoyen, en 1970. Le journaliste Jean Martet raconte ainsi sa visite au Palais en 1933, à l’époque le gouverneur qui représente Paris dans ce territoire confié à la France par la SDN est Robert de Guise (dans cette fonction entre 1931 et 1933) : « Le bureau de M. de Guise est au rez-de-chaussée de cette grande construction vaguement moyenâgeuse qui a été bâtie par les Allemands face à la mer et qu’on appelle, pompeusement, le Palais du Gouvernement. Les appartements du gouverneur sont au premier : de grandes pièces, claires et fraiches, avec vue sur cette mer sans une voile, sans une fumée, et les mendiants du parc, les palmiers de la belle et large route qui borde la plage. Nous trouvâmes Mme de Guise comme elle était en train de donner des ordres à son chauffeur, lequel est prénommé Momo. Momo est un noir vêtu de blanc, avec, à la main, une belle casquette, Mme de Guise est une femme souriante et charmante. Elle vint à moi et me dit : - Il y a par ici une ville qui s’appelle Palimé. Palimé a élu l’année dernière sa plus belle négresse, Miss Palimé. Momo est passé par là et a enlevé Miss Palimé. J’aime beaucoup Momo. Je m’assis. C’était un grand salon avec de jolis meubles de bois clair, et, par terre, des tapis de fourrure, quatre tapis de fourrure » (1). Sources : (1)  Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
  • L’église en marche : une ordination à Ouidah. Carte postale des Missions Africaines de Lyon. – L’évangélisation du Dahomey, dans la deuxième moitié du XIXème siècle, est une gageure pour les missionnaires catholiques. Ils considèrent en effet cette contrée comme particulièrement sauvage en raison de la persistance des sacrifices humains. « L’auréole de barbarie qui couronnait si lugubrement le nom du Dahomey exerçait une sorte de fascination », raconte Valérien Groffier (1), secrétaire général de l’œuvre de la propagation de la foi à Lyon, pour expliquer l’insistance des hommes d’église à s’y rendre. Le récit des hécatombes, accompagnant les funérailles du roi Ghézo en 1858 et la « fête des Coutumes » à Abomey en 1860 – rapporté par M. Lartigues agent local des factoreries Régis de Marseille-, qui auraient coûté la vie à 3000 personnes chacune, décidèrent Rome à envoyer les pères des Missions Africaines de Lyon. Le pape Pie IX accepta le projet en 1860 et les premiers missionnaires débarquèrent à Ouidah en avril 1861. Usant de symbolique, son successeur, Benoit XVI, a choisi cette ville pour lancer cent cinquante ans plus tard un appel à l’Afrique. C’est la troisième visite pontificale dans le pays –Jean-Paul II y est venu en 1982 et 1993- et cela marque l’importance croissante du continent noir dans l’église contemporaine. Les ordres missionnaires comptent souvent de nos jours plus de membres originaires d’Afrique que d’Europe. Et l’avenir démographique de cette religion semble devoir, pour partie, se jouer au sud du Sahara. Sources : (1) Groffier, V., Héros trop oubliés de notre épopée coloniale, Lyon-Paris, Librairie catholique Emmanuel Vitte, 1928.
  • Lomé, l’hôtel Gariglio. – Situé au centre historique de la ville, dans la rue du Commerce – l’ancienne Hamburgerstrasse de l’époque allemande –, l’établissement est devenu par la suite l’hôtel du Golfe. Sous ce nom, Il accueillait encore très récemment les voyageurs préférant son charme un peu suranné à l’ambiance standardisée des hôtels modernes de la place. Dans l’entre deux guerres, il connut une certaine ambition culturelle, puisqu’il recevait les séances de cinéma avant la création de salles dédiées au septième art dans la capitale togolaise. La taille restreinte des lieux et son implantation dans le quartier européen réservaient ces projections à un public de privilégiés. Un peu plus tard, en 1941, l’hôtel est explicitement mentionné dans l’enquête menée par les autorités militaires françaises de Lomé pour élucider la fuite de deux matelots de l’aviso La Gazelle vers la colonie britannique voisine de Gold Coast. Sur ce cliché, on distingue, à côté de l’hôtel, le bâtiment caractéristique abritant la succursale locale la maison de commerce John Holt de Liverpool.
  • Porto-Novo, sur le marché. - « Le voyageur qui visite pour la première fois Porto-Novo est intéressé par le spectacle des rues. Celles-ci sont en effet très animées : on ne rencontre que femmes portant des caisses de genièvre, de muscat, manœuvres roulant des tonneaux de tafia, indigènes se rendant aux factoreries avec leurs pots d’huile de palme ou avec leur sac d’amande. Les marchandes à la criée ne sont pas inconnues. Chacun peut acheter, dans la rue, la nourriture habituelle de l’indigène : poisson fumé et bouteille d’acaça (farine de maïs bouillie). Dans les cuisines établies en plein vent, on vend au passant des friandises qui sortent toutes chaudes de l’huile de palme bouillante… » (1). Cette carte postale fait partie du travail du photographe et éditeur dakarois Edmond Fortier (1862-1928). Elle appartient à un reportage qu’il mena dans le sud du Dahomey en 1908, alors qu’il accompagnait, depuis l’escale de Dakar, le voyage officiel accompli sur la côte oust africaine par le Ministre des colonies Raphaël Milliès-Lacroix. Sources : (1)Hagen, A, « La colonie de Porto-Novo et le roi Toffa » dans, Revue d’ethnographie [ dir. Hamy, Ernest], Paris, éd. Ernest Leroux, 1887.
  • Lomé, le temple protestant. - Achevé en 1907, le temple subira en 1977 de profondes modifications architecturales et notamment l’amputation d’un étage du clocher. On distingue, en face de la cours du temple, les installations ferroviaires situées dans le prolongement de l’ancien wharf qui ont été par la suite remplacées par le magasin Goyi-Score. – S’agissant des affaires religieuses, les autorités coloniales allemandes au pouvoir à l’époque de la construction du temple s’emploient à maîtriser l’offre. Dans un premier temps elles fixent des zones d’installation aux différentes sociétés missionnaires, pour éviter qu’elles ne se disputent trop ostensiblement la conquête de nouveaux fidèles. Ainsi les catholiques n’eurent pas le droit de s’installer à Aného, alors la capitale. De plus, les autorités veillèrent à la germanisation des acteurs religieux ; le pasteur anglais d’Aného fut remplacé par un pasteur allemand. Il fut également négocié au plus haut niveau, pour que les missionnaires catholiques à venir s’installer au Togo soient allemands. A Lomé, les missions s’installent à partir de 1892, avec l’arrivée des pères et frères catholiques, qui bâtiront trois églises avant de construire la cathédrale entre 1901 et 1902. Les protestants, de la mission de Brème, installés dès 1853 à Keta, investissent Lomé en 1895 et y édifient le temple, pièce majeure de leur dispositif, entre 1906 et 1907.
  • L’artillerie à Porto-Novo en 1914. - Les troupes françaises du Dahomey, ponctuellement renforcées par un bataillon venu de Dakar pour soumettre la turbulente peuplade des Holi, prirent part à la Grande Guerre sur le front du Togo voisin. Le gouverneur par intérim de la colonie allemande, le commandant Von Doering, avait pourtant proposé à ses alter-egos français et britannique, du Dahomey et de Gold Coast, et au gouverneur-général de l’AOF de neutraliser son territoire, « pour ne pas donner aux Africains le spectacle de guerres entre Européens ». Il est vrai aussi qu’il ne disposait pas de forces militaires suffisantes pour résister bien longtemps à l’assaut prévisible des troupes de l’Entente dans la région : outre une force de police de 500 soldats indigènes, il ne pouvait aligner qu’une force autochtone de quelques centaines d’hommes, rassemblée à la hâte au début des hostilités, et une réserve, comptant tout au plus quelques dizaines d’Allemands. Ses appels étant restés lettre morte, il organisa de façon pragmatique la défense du seul site stratégique pour l’Allemagne, la station de radio transmission de Kamina, proche d’Atakpamé. L’installation ultramoderne permettait à la métropole germanique de communiquer en temps réel avec toutes ses colonies d’Afrique et avec les navires circulant dans l’Atlantique tropical. Défait après une vaillante résistance, Von Doering tenta de négocier la reddition le 25 août, non sans avoir détruit les précieux équipements de Kamina la nuit précédente. Sa reddition, sans qu’aucune condition n’ait été consentie par les vainqueurs, fut effective le 26 août. Les troupes françaises et britanniques occupèrent militairement la colonie allemande jusqu’à ce que la majeure partie en soit confiée, après la guerre, à la France par mandat de la Société des nations.
  • Lomé, rue de l’église (dans les années 1960). – La capitale togolaise connait un fort développement à partir de la fin de la seconde Guerre mondiale. L’envolée du cours des produits tropicaux, les forts investissements publics et l’afflux de populations rurales, qui ont fuit les rigueurs de l’effort de guerre dans les campagnes, contribuent à l’explosion démographique et spatiale de la ville. Sa population bondit ainsi de 18 000 à 33 000 habitants entre 1938 et 1950, pour atteindre 85 000 habitants en 1958. Quittant la seule bande côtière, les quartiers s’étendent progressivement sur les vastes cocoteraies environnantes.  Vers le nord-ouest, sur les terres de la famille Olympio, un lotissement chic voit le jour et, plus loin, le quartier de Nyékonakpoé sort de terre. Vers le nord-est, Bé, son marché et sa gare – une zone jusqu’ici non prise en compte dans les dénombrements de la population loméenne – sont rejoints par les faubourgs. Vers le nord, la lagune est atteinte, puis franchie. Le plateau de Tokoin est progressivement investi, d’abord par les plus pauvres, puis par de grandes infrastructures publiques comme l’hôpital (l’actuel CHU sur le site de l’ancien terrain d’aviation) en 1954, le camp militaire, le collège Saint-Joseph entre 1948 et 1950… Parallèlement, la ville se modernise. Les biques d’argile, matière première justement prélevée sur le plateau de Tokoin et cuite avec les combustibles tirés des cocoteraies, cèdent le pas au parpaing de ciment dans la construction. L’électrification gagne du terrain, au-delà du quartier du wharf où elle avait débuté en 1926, et les rues sont goudronnées jusqu’au Boulevard Circulaire, notamment grâce aux crédits FIDES (Fonds d'investissement pour le développement économique et social d'outre-mer) crée en 1946.
  • Atakpamé, Marktplatz.  - « Nous nous promenons dans Atakpamé, Gaudillot et moi. […] J’avais une impression très douce de sympathie, de sécurité. Point de regards mauvais, point de regards fuyants. Les femmes nous montraient leurs nouveau-nés, riaient, blaguaient entre elles, point effarouchées et point d’avantage hostiles »… (1). Il s’agit du commandant de cercle Henri Gaudillot qui administra Atakpamé dans l’entre guerres, après M Fréau et avant M Guillou. Une des premières visites européennes connues d’Atakpamé est le fait du Dr Krause qui, de retour d’une expédition avortée pour aller d’Accra à Tripoli en passant par Tombouctou, y séjourne le 19 août 1887. La création du poste administratif allemand remonte à 1898, et fait suite aux recommandations d’un rapport du lieutenant Rudolf Plehm, paru en mars-avril 1896. Von Doering, parti de Klouto en juin 1898, installe le poste d’Atakpamé qui commande le vaste cercle du Moyen-Togo, après quelques combats contre les Akposso Ayomé et les Akposso Okama de la région. Von Doering, que les habitants appelaient affectueusement « Vondouli », devient le premier Bezirk Amtsmänner (commandant de cercle) du Bezirksämtern (cercle administratif) d’Atakpamé. Source : (1) Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
  • Adjiki, roi de Porto-Novo, ses ministres et sa cour. – Le roi Adjiki, monté sur le trône de Porto Novo en février 1908, connut une célébrité inédite dans la presse à sensation française. Peut être parce qu’il était le fils et le successeur du roi Toffa - l’allié de la France contre le roi Béhanzin d’Abomey à la fin du XIXème siècle – ou par nostalgie des choses de la royauté, son couronnement fut rapporté par Le Petit Journal Illustré, dans son édition du 5 avril 1908 : « Le prince Adjiki, fils de Toffa, coiffé du bicorne à plumes blanches, insigne de la souveraineté, assiste aux fêtes de son couronnement. Nous donnons plus loin, dans notre « variété », de curieux et pittoresques détails sur la façon dont on célébrait jadis, et dont on célèbre aujourd’hui, l’avènement d’un nouveau souverain dans ces contrées de la côte des Esclaves qui sont à présent colonies françaises.  C’est le récent décès de Toffa, roi de Porto-Novo, et le couronnement de son fils, le prince Adjiki, qui nous ont fourni l’occasion de donner à nos lecteurs, d’après des documents d’une absolue exactitude, cette intéressante gravure sur les fêtes qui se sont déroulées à Porto-Novo.  Adjiki a reçu le bicorne à plumes blanches, insigne du pouvoir, des mains de M. Marchal, lieutenant gouverneur de la colonie française du Dahomey, en même temps qu’un arrêté le nommait « chef supérieur des territoires français du Bénin ». De ce fait, Adjiki a pour attribution le concours à l’exécution de toutes les mesures prescrites par le lieutenant gouverneur ou par le président de Porto-Novo. Il intervient notamment lorsqu’il en est requis, auprès des chefs de région, de village ou de quartier pour les maintenir dans l’obéissance totale en toutes circonstances ou pour y maintenir les habitants du cercle de Porto-Novo. Il remplit les fonctions judiciaires qui peuvent ou pourront lui être dévolues par les actes régissant la matière.  Le prince Adjiki reçoit, en cette qualité de chef supérieur un traitement annuel de 25.000 francs, outre la part lui revenant des remises sur l’impôt personnel, allouées aux chefs  indigènes par les règlements en vigueurs. Et voilà comment il arrive parfois que la République fait des rois ».
  • Lomé, Hamburger Strasse (vers 1905). – Connue à l’époque allemande sous le nom de Hamburgerstrasse, la rue du commerce est le centre d’affaire historique de la capitale togolaise. La ville s’est d’ailleurs constituée autour de sa vocation commerciale, à partir des années 1870 : des marchands Ewé, installés sur la côte pour mener la traite légitime (l’huile de palme essentiellement) avec les navires européens, sont venus se fixer en bordure de la frontière est de la Gold Coast, pour échapper aux lourdes taxes douanières britanniques. Aux pionniers se sont bientôt joints des commerçants Mina venus de l’est et Haoussa descendus du nord. Au début des années 1880, des compagnies européennes, allemandes notamment, s’installent à Lomé, alors appelée Bey Beach. C’est sur l’initiative des commerçants allemands de Lomé – qui se sentaient légitimement menacés par les autorités coloniales anglaises, elles-mêmes exaspérées par cette concurrence à leurs portes - que l’explorateur Nachtigal s’arrête là, signe un traité et proclame le protectorat de l’empire allemand sur le Togo en 1884. – Vraisemblablement prise depuis la galerie à l’étage de la mission catholique, cette photo montre la rue d’est vers l’ouest, c'est-à-dire schématiquement depuis la cathédrale vers le bâtiment de la douane allemande (démolie en 1983, pour laisser place à un centre commercial moderne comptant des salles de cinéma, un casino, une boite de nuit et un hôtel). On distingue au premier plan le toit de l’école catholique et à droite le terrain de boule, entouré de murs et où sera construit par la suite le bâtiment de l’UAC (United Africa Company). L’état du wharf, qui est achevé et ne compte que deux grues, situe la photo vers 1905 ; il sera par la suite rallongé de 50 m et doté de nombreux autres dispositifs de levage.
  • Appontement de Porto-Novo. Avez-vous quelque chose à déclarer ? – Il s’agit vraisemblablement du débarcadère gouvernemental de Porto-Novo, situé sur la lagune à l’ouest des installations portuaires commerciales et relié au Palais du gouverneur par l’avenue William Ponty. Ce type d’ouvrage était courant dans la ville, car la lagune constitua longtemps l’unique voie de communication. Aussi, l’activité commerciale se développa autour de ce cordon qui mène vers Cotonou, où étaient organisées les rades foraines permettant de charger et décharger les navires et où fut ensuite édifié un wharf. Les maisons de commerce européennes, arrivées dans la ville avant et après le traité de protectorat français de 1863, installèrent chacune leur propre appontement sur la lagune, pour assurer le trafic des marchandises importées et exportées. Parfois même, des petits canaux, appelés body et accessibles aux embarcations, furent creusés pour s’approcher de la lagune. Les abords de la lagune étant trop marécageux pour bâtir des installations solides, les  négociants s’implantèrent autour du marché traditionnel, en ménageant des chemins de portage et roulage sur talus pour rallier leurs appontements. – Le commentaire humoristique de cette carte postale, « avez-vous quelque chose à déclarer ? », fait malicieusement allusion aux droits de douanes, qui furent un enjeu décisif dans les politiques coloniales de cette région très disputée par les commerçants européens et africains.
  • Lomé, embarquement au wharf. – L’épreuve du « panier », suspendu à une grue du wharf, est l’étape obligée à Lomé, pour monter à bord des navires ou descendre à terre. Le journaliste Jean Martet, qui fit un voyage au Togo et au Cameroun au début des années 1930, décrit ainsi l’aventure : « Le supplice du panier commence. […] J’ai pris place dans le panier. Le panier n’est naturellement pas un panier. Le panier est une espèce de caisse en bois, sans couvercle ; on dirait un peu une de ces balancelles comme il y en a dans les manèges de chevaux de bois. Seulement dans les manèges de chevaux de bois c’est habituellement peint en rouge, avec des dessins d’or. Ici c’est peint en gris, comme les torpilleurs. De plus, c’est muni par en dessus d’une armature de fer : les anses de ce panier. Je suis donc monté là-dedans […] Je me suis assis sur l’une des deux banquettes dont la balancelle est garni […] J’ai dit à Bernard : On n’aurait donc pas pu trouver quelque chose de plus pratique ? Ça ? m’a-t-il répondu. Qu’est-ce que vous voulez de plus pratique ?   ». Sources :  Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
  • Ecole professionnelle de la mission catholique de Lomé, cordonnerie. Carte postale éditée par les missions africaines de Lyon. - Cordonniers, menuisiers, forgerons, serruriers, imprimeurs et même relieurs, le Togo dispose dès l’époque coloniale allemande d’ouvriers et d’artisans bien formés grâce à l’école professionnelle de Lomé. L’établissement, géré par les pères de la mission catholique, est situé à l’angle de l’avenue de la Libération) et de l’actuelle rue Aniko Palako. Les élèves, qui sont admis après quatre ans d’école primaire, reçoivent en quatre années une formation dont la qualité est reconnue dans tout le territoire, et même au-delà des frontières dans toutes la région.
  • Porto-Novo, marchandes de colas et autres denrées indigènes. - « Le voyageur qui visite pour la première fois Porto-Novo est intéressé par le spectacle des rues. Celles-ci sont en effet très animées : on ne rencontre que femmes portant des caisses de genièvre, de muscat, manœuvres roulant des tonneaux de tafia, indigènes se rendant aux factoreries avec leurs pots d’huile de palme ou avec leur sac d’amande.Les marchandes à la criée ne sont pas inconnues. Chacun peut acheter, dans la rue, la nourriture habituelle de l’indigène : poisson fumé et bouteille d’acaça (farine de maïs bouillie). Dans les cuisines établies en plein vent, on vend au passant des friandises qui sortent toutes chaudes de l’huile de palme bouillante… » (1). Cette carte postale fait partie du travail du photographe et éditeur dakarois Edmond Fortier (1862-1928). Elle appartient à un reportage qu’il mena dans le sud du Dahomey en 1908, alors qu’il accompagnait, depuis l’escale de Dakar, le voyage officiel accompli sur la côte oust africaine par le Ministre des colonies Raphaël Milliès-Lacroix. Sources : (1)Hagen, A, « La colonie de Porto-Novo et le roi Toffa » dans, Revue d’ethnographie [ dir. Hamy, Ernest], Paris, éd. Ernest Leroux, 1887.
  • Lomé, Avenue des Alliés. - Il s'agit de la voie connue depuis plusieurs décennies sous le nom de « rue du 24 janvier », en référence à un accident d'avion survenu à cette date en 1974 dans la localité de Sarakawa, à proximité du village natal du président Eyadéma, et qui faillit coûter la vie au dirigeant togolais. La catastrophe, pourtant banale d'un point de vue aéronautique – leDC3 présidentiel avait subi un décrochage latéral tandis qu'il manœuvrait à basse altitude pour trouver la piste d'atterrissage dans une faible visibilité liée à l'harmattan -, fut érigée en « odieux attentat » par la propagande du régime. Selon cette mythologie politique développée alors, il s'agissait là d'un « acte ignoble de l'impérialisme organisé par la haute finance internationale » et visant à liquider le chef de l'État pour  s'emparer des ressources naturelles du pays - un gisement de phosphates en l'occurrence. Les bénéfices de cette mystification furent multiples : elle permit de mettre légitimement la main sur l'entreprise minière convoitée depuis un certain temps - elle fut promptement nationalisée -, mais surtout elle conféra au président un statut symbolique de sur-homme quasi immortel et de leader nationaliste visé par les puissances néfastes de la finance internationale (1). La rue des Alliés, ou avenue des Alliés selon les époques et les sources, croise les voies ferrées au niveau de la gare et la rue de la Libération au niveau où fut créée en 1934 la Place des fêtes de Lomé avec son kiosque à musique (2). Le 25 janvier 1993, ce lieu, devenu   « Fréau-jardin » ou Place de la Libération, devait être le théâtre de la sanglante répression d'une manifestation de l'opposite par les militaires fidèles au Général Eyadéma. Les victimes furent nombreuses et la répression aveugle des jours suivants provoqua l'exil de plusieurs centaines de milliers de Togolais dans les pays limitrophes.  Le secrétaire d'Etat française à la coopération et le ministre allemand des Affaires étrangères, tous deux présents dans la capitale togolaise ce jour-là, ne virent rien et ne condamnèrent rien... - En plus de l'indication de la direction de la gare au recto,  figure au dos de la carte postale cette mention manuscrite : « La FAO (comptoir) est à gauche de la route, la  2è auto doit y être devant ». Sources : (1) Toulabor, Comi, Le Togo sous Eyadéma, Paris, éditions Karthala, 1988. (2) Soulilou, J. (éditeur scientifique), Rives coloniale, Paris, éditions Parenthèses et éditions de l’Orstom, 1993.
  • Fonctionnaires indigènes de la poste impériale allemande à Lomé. – Le courrier, avant la mise en service du chemin de fer au Togo en 1905, était acheminé à pieds. Les employés des postes partaient de chaque extrémité de la route – d’Aného vers Lomé et de Lomé vers Aného pour la voie côtière - et se rencontraient à mi-chemin en un point convenu où ils échangeaient leur chargement postal avant de rebrousser chemin en direction de leur bureau de poste d’origine. Entre Lomé et Aného, l’échange avait lieu au niveau du poteau télégraphique n°221, et l’ensemble du trajet prenait la journée, de 7 heures à 16 heures. Entre Kpalimé et Lomé – un service entre les deux villes fut créé en 1902 - il fallait compter trois jours. La mise en service du train permis de raccourcir considérablement les délais, notamment sur les longues distances vers l’intérieur du pays. En 1912, le service postal allemand au Togo était constitué de 16 bureaux de poste disposant d’un télégraphe, de 6 bureaux auxiliaires, et d’un réseau de téléphone urbain. Cette même année, 486 606 lettres furent acheminées dans la colonie, ainsi que 15 116 paquets, 39 695 télégrammes, 113 296 exemplaires de journaux ; 54 285 communications téléphoniques furent passées.
  • Porto-Novo, Indigènes dans la Cour du roi Toffa. – Dix-neuvième souverain de la dynastie des princes Allada à exercer le pouvoir sur le royaume de Porto-Novo, Toffa eut également le plus long règne : monté sur le trône en 1874, il y demeura jusqu'à sa mort en 1908. Signataire d’un traité d’amitié et de protectorat avec la France en 1883, il laisse une image controversée dans l’histoire dahoméenne : c’est pour le protéger des attaques du royaume d’Abomey – et pour défendre leurs intérêts territoriaux et commerciaux - que les Français ménèrent la campagne militaire de 1892, aboutissant à la destitution et au bannissement du jeune roi Béhanzin d’Abomey.
  • Au soir du 26 avril 1960, Sylvanus Olympio et les Togolais attendent les 101 coups de canon qui marqueront, à minuit, l’indépendance formelle du Togo. – Proclamée dès les premiers instants du 27 avril,  l’indépendance était plus une cérémonie solennelle qu’un bouleversement institutionnel. Elle intervenait en effet deux ans jour pour jour après l’arrivée de S. Olympio à la tête du premier gouvernement du Togo indépendant, le 27 avril 1958. Des accords signés entre la République autonome du Togo (proclamée le 30 août 1956) et la France, venaient alors de donner quasiment tous les pouvoirs – hormis les relations extérieures, la monnaie, les changes et la Défense, conservés par la tutelle française - au chef de la majorité à l’assemblé territoriale togolaise. Ces dispositions avaient été négociées par Nicolas Grunitzky, adversaire politique et propre beau-frère d’Olympio, aux affaires depuis 1951, auprès de l’ONU et de Paris - ancienne colonie allemande, le Togo était sous la tutelle des Nations Unies, confié par celles-ci à la gestion de la France.  Ce statut que n’auraient pas renié les plus nationalistes devait finalement faire de  Sylvanus Olympio l’homme des indépendances – technique d’abord, formelle ensuite -, le parti de Grunintzky, homme lige de Paris aillant perdu les élections législatives de 1958. Les festivités du 27 avril 1960, furent, de l’avis de tous mémorables et parfaitement orchestrées. La radiodiffusion d’Outre-Mer rendit compte de l’événement, l’INA en propose un intéressant extrait en archive : http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/decolonisation/audio/PHD86080309/ceremonie-d-independance-du-togo-a-la-chambre-des-deputes-togolaise.fr.html
  • Lomé, Hamburgerstrasse, vers 1908. – La rue du commerce, alors appelée Hamburgerstrasse, est le centre d’affaire historique de la capitale togolaise. La ville s’est d’ailleurs constituée autour de sa vocation commerciale, à partir des années 1870 : des marchands Ewé, installés sur la côte pour mener la traite légitime (l’huile de palme essentiellement) avec les navires européens, sont venus se fixer en bordure de la frontière est de la Gold Coast, pour échapper aux lourdes taxes douanières britanniques. Aux pionniers se sont bientôt joints des commerçants mina venus de l’est et haoussa descendus du nord. Au début des années 1880, des compagnies européennes, allemandes notamment, s’installent à Lomé, alors appelée Bey Beach. C’est sur l’initiative des commerçants allemands de Lomé – qui se sentaient légitimement menacés par les autorités  coloniales anglaises, elles-mêmes exaspérées par cette concurrence à leurs portes - que l’explorateur Nachtigal s’arrête là, signe un traité et proclame le protectorat de l’empire allemand sur le Togo en 1884. - On distingue, sur ce cliché pris depuis la douane allemande – démolie en 1983, pour laisser place à un centre commercial moderne comptant des salles de cinéma, un casino, une boite de nuit et un hôtel -, le siège local des principaux acteurs économiques de la place. Au premier plan à gauche, se trouve la librairie évangélique (bâtie en 1902), suivie juste derrière l’hôtel Vogt, puis moins visible la firme Bödecker-&-Meyer et l’hôtel Kauserhof et enfin dans le fond la cathédrale (1901). En face, de l’autre côté de la rue, on voit l’imposant bureau de l’armateur Woermann, suivie de plusieurs factoreries édifiées entre 1898 et 1903.
  • Wharf et rade de Cotonou. – Appelé à soutenir la vocation portuaire de la ville et à faciliter le débarquement des troupes alors que la guerre se profile – en 1892 -, le wharf de Cotonou est construit entre 1891 et 1893. Long de 300 mètres, il ouvre au trafic commercial le7 mai 1893. Au départ, il ne permet aux navires d’accoster qu’au rythme d’un par mois. Insuffisant pour absorber tout le trafic de fret et de passagers du Dahomey - hormis celui avec Lagos qui passe par voie fluviale sur la lagune et le cabotage local résiduel au port de Grand Popo sur l’embouchure du Mono -, il est remplacé en 1928 par un édifice plus important (400 mètres) et mieux équipé. Les navires sont chargés et déchargés directement au mouillage en rade foraine, à un kilomètre du wharf, grâce à une flottille de 26 baleinières de 15 à 25 tonnes et de 8 remorqueurs de 60 à 75 chevaux. Treize grues électriques, d’une capacité de levage allant de 10 à 20 tonnes, permettent de transborder les charges des baleinières sur le wharf où le transport est relayé par voie ferrée. Aussi utile qu’il soit, ce dispositif montre bientôt ses limites. Les moyens relativement modestes et les manipulations complexes qu’ils supposent occasionnent des pertes importantes dans les cargaisons : les coûts sont trois fois plus élevés qu’au port de Dakar. De plus, ces équipements ne permettent guère de traiter plus de 1000 tonnes par jour et, compte tenu des avaries, la capacité annuelle plafonne à 300 000 tonnes. Enfin en période de pointe, les délais se prolongent, provoquant un inconfort certain pour les passagers qui attendent d’être débarqués par le fameux panier. En 1964, la capitale du Dahomey se dote d’un port en eau profonde, remplaçant définitivement le wharf et le système de rade foraine devenus obsolètes. – Cette carte, éditée sous la signature « Collection Géo Wolber, Dahomey », est une curiosité. Elle fait partie des séries produites et diffusées après la première guerre mondiale – et jusqu’en 1937 - par les repreneurs de la société allemande Wölber, mise sous séquestre par les autorités coloniales françaises dès le début des hostilités. - Le courrier « Asie », mentionné manuellement par l’expéditeur de cette carte postale, a connu un destin des plus chaotique. Entré en service en 1914, il est utilisé comme navire hôpital et transport de troupes pendant la première guerre mondiale, avant de faire les lignes de la côte africaine pour la compagnie des Chargeurs Réunis. Il connaît plusieurs avaries, accidents, échouages et incendies : en sortant de la Gironde en 1920, dans le port de Dakar en 1925, près de Matadi (Congo) en 1927… Il est saisi par l’armée italienne en 1942, par les Allemands en 1943 qui le remettent aux Italiens pour lesquels il navigue sous le nom de « Rossano » avant d’être coulé en 1944 par un bombardement allié dans le port de Gênes. Renfloué, il finit sa carrière en chavirant dans le port après incendie…
  • Le président Sylvanus Olympio pose la première pierre du Port autonome de Lomé, le 23 novembre 1962. – Le premier président togolais, ici en compagnie du représentant d’Allemagne fédérale K. von Hassel, ne verra jamais l’aboutissement de ce projet qu’il avait pourtant initié en tant que chef de l’Etat et maire de Lomé – il cumula les fonctions. Cruelle facétie de l’histoire, c’est le président Gnassingbé Eyadéma, à qui l’on attribue généralement l’assassinat de Sylvanus Olympio le 13 janvier 1963, qui devait finalement l’inaugurer le 26 avril 1968. Plus tard, les considérables subsides tirés de l’exploitation du port auraient permis au général Eyadéma de résister confortablement aux sanctions économiques internationales suscitées par la violence de son régime (1). L’établissement était alors géré par les propres fils du président Eyadéma. L’un d’ente eux, qui lui succéda à sa mort en 2005 - dans des conditions peu démocratiques -, vient de nommer un de ses demi-frères comme directeur général du Port autonome de Lomé. Sources : (1) Labrthe, G., Le Togo, de l’esclavage au libéralisme mafieux, Marseille, Editions Agone, 2005.
  • Lomé, vue générale de l'hôpital de Tokoin - Le CHU de Lomé, bâti par tranches entre 1951 et 1954 sur l’emplacement de l’ancien aérodrome de 1931, remplace l’hôpital Reine-Charlotte de Lomé, principale institution hospitalière du Togo depuis son ouverture en 1909. Son implantation sur le plateau de Tokoin initie l’extension de la ville au-delà de la lagune. On voit sur cette photo, qui doit immédiatement suivre les travaux – il n’y a encore aucun arbre dans l’enceinte de l’hôpital –, que le quartier est totalement vide. Tokoin va dès lors rapidement se peupler et s’étendre, comptant 7000 habitants en 1959, et rassemblant de nos jours plus des deux tiers de la population de Lomé. L'architecte de ce nouvel établissement hospitalier, Henri Crouzat, est également à l'origine du plan d'urbanisme de Lomé datant de 1948. Il reste cependant plus connu pour son oeuvre littéraire. « Azizah de Niamkoko », publié en 1959 et porté à l’écran en 1986 par Patrick Jamain sous le titre de « Azizah, fille du fleuve », est un célèbre roman à clef décrivant le Togo colonial. Il aurait valu à son auteur d’être réexpédié manu militari en métropole. « L'île du bout du monde », son premier roman avait été édité en 1958 et porté à l'écran la même année par le réalisateur français Edmond T. Gréville ; Crouzat assurant à la fois l’adaptation et les dialogues.
  • Flottille du Dahomey : l’Onyx. – Canonnière à fond plat, l’Onyx fait partie, comme les deux chaloupes à faible tirant d’eau l’Ambre et la Mascotte, des embarcations au service des Travaux Publics. Constituée en 1892, cette flottille est employée au transport des courriers, des troupes, du personnel et du matériel. Elle a été fort utile, dès sa création, à l’occasion de l’expédition militaire organisée par la France pour déposer le roi Béhanzin d’Abomey. Des travaux de dragage dans les lacs Nokoué et Toché — passage qui sépare le lac de la lagune de Porto-Novo —  ont rendu possible le trafic fluvial en tous temps, et les vapeurs qui assurent le service Cotonou-Porto-Novo  peuvent même remonter l'Ouémé jusqu'à la hauteur de Zagnanado lors des hautes eaux. Depuis 1901, un petit vapeur appelé le Mono navigue aussi sur le fleuve du même nom, et sur le lac Ahémé, atteint par la lagune de Grand Popo. Il sert également de remorqueur aux grandes pirogues (1). –  Le Général Gouraud, alors commandant, décrit ainsi un petit voyage à bord de l’Onyx en 1900 : « Une petite canonnière à aubes, l’Onyx, nous emmène. Joli soleil, brise fraîche, rives vertes et basse, bordées d’un rideau de palmiers. Trois heures de promenade fort agréables pour atteindre la capitale, Porto-Novo [depuis Cotonou]. On longe des villages de centaines de cases bâties sur pilotis, au milieu de l’immense lagune » (2). Sources : (1) François, G., Notre colonie du Dahomey : sa formation, son développement, son avenir, Paris, Editions Larose, 1906. (2) Gouraud, Général, Zinder, Tchad - Souvenirs d'un Africain, Paris, Plon, 1944.
  • Einheimische Schreiner, (menuisiers locaux). –Menuisiers, forgerons, serruriers, imprimeurs et même relieurs, le Togo de l’époque allemande dispose d’ouvriers et d’artisans bien formés grâce à l’école professionnelle (Handwerkerschule) de Lomé. L’établissement, géré par les pères de la mission catholique, est situé à l’angle de la Zechstrasse (actuellement avenue de la Libération) et de la Baguidastrasse (rue Aniko Palako). Les élèves, qui sont admis après quatre ans d’école primaire, reçoivent en quatre années une formation dont la qualité est reconnue dans toute la colonie, et même au-delà dans la région.
  • Cotonou, l’entrée du wharf. – La construction du wharf de Cotonou débute en 1891. L’édifice, appelé à soutenir la vocation portuaire de la ville et à faciliter le débarquement des troupes alors que la guerre se profile, est finalement ouvert au trafic commercial le 7 mai 1893. A compter de 1899, il permet aux navires d’accoster à Cotonou, au rythme d’un par mois. L’emplacement du wharf va structurer le développement urbain de la ville : les quartiers vont s’étendre autour de lui et le long de la plage sur la rive ouest de la lagune.
  • Kaiserliche Schutztruppe, Schutzgebiet Togo (Force impériale de protection, protectorat du Togo). – Cette force de protection comptait, selon les postes budgétaires mentionnés en 1897-98, un commandant, trois sous-officiers et cent cinquante soldats indigènes. A partir de 1914, elle devint une force de police (polizeitruppe) affectée au maintien de l’ordre et de la sécurité intérieure. Elle était alors constituée d’une troupe de cinq cents soldats autochtones - principalement recrutés chez les Bassari, les Cotokolis, les Kabyé et les Dagomba -, encadrés par deux officiers et trois sous-officiers allemands. Il existait aussi un excellent corps de réserve, composé de quelques dizaines d’Européens. Au moment de l’entrée dans la Grande Guerre, les Allemands mirent sur pied une force autochtone estimée à 1500 hommes, mais n’en aligna effectivement jamais plus de 500, et qui ne parvint pas à changer le cours des choses face aux troupes françaises du Dahomey et britanniques de Gold Coast. – La photo fut prise au XIXème siècle, l’amorce de date « 18.. », imprimée pour faciliter la correspondance, en témoigne.
  • Abomeh, vue extérieure du palais du roi. – « La côte des Esclaves, séparée de la précédente [la côte d’Or] par la Volta, doit son triste nom au commerce d’esclaves que, malgré les lois des nations civilisées, on y fait trop souvent encore, aussi bien que sur la plus grande partie des autres côtes des deux Guinées. Le pays principal de la côte des Esclaves est le royaume de Dahomeh, dont la capitale se nomme Abomeh. Cependant le roi réside ordinairement à Calmina. Les ports les plus fréquentés sont Ouydah (qu’on appelle par corruption Juda), et Porto-Novo, où il y a un établissement français. » - Il est étonnant de constater comme les connaissances sur le Dahomey sont parcellaires, treize ans seulement avant qu’il ne devienne une colonie frainçaise. Sources (image et texte) : Cortambert, E., Cours de Géographie (autorisé par le conseil de l’instruction publique), Paris, Librairie Hachette et Cie, 1879.
  • Une halte au pays de Kaburés. Carte éditée par les Missions Africaines de Lyon.  - Les Kabyé, aussi appelés Cabré, Cabrai, Kabiré, Kaburé, sont les occupants de la diagonale montagneuse qui sépare la vallée de la Volta de celle du Mono. Leur nom viendrait de la déformation par les Haoussa puis par les Cotokoli du mot kafir, qui signifie païen en arabe. Le nom original du groupe serait en fait les Lama, c'est-à-dire l’abréviation de Lan-mba, « ceux de la forêt ». Ce peuple qui aurait connu, jusqu’au XVIIème siècle, une certaine expansion, atteignant manifestement des régions de forêt, est repoussé sur les plateaux puis dans les montagnes par des invasions successives. Organisés en une nébuleuse de clans, ils n’obéissent pas à une autorité centralisée. Farouchement autonomes, ils sont longtemps perçus par les centres musulmans alentours, comme habitants d’un réduit impénétrable. Dans son roman à clé En attendant le vote des bêtes sauvages, Amadou Kourouma évoque les Kabyé comme « sauvages » et « sans chef » et les fait désigner par les ethnologues comme « paléonigritiques ». Source : Kourouma, A., En attendant le vote des bêtes sauvages, Paris, éditions du Seuil, 1998.
  • Le chemin de fer (ligne Atakpamé-Lomé). – La ligne de chemin de fer reliant Atakpamé à la capitale est la troisième et dernière achevée durant la période coloniale allemande ; deux lignes avaient été déployées précédemment et deux autres restèrent au stade de projet ou de chantier. Commencée en 1908, elle est achevée et mise en service en mai 1913. Destinée à drainer les produits agricoles du centre du Togo vers le wharf de Lomé, elle était appelée la « ligne du coton » ; pour les mêmes raisons, la ligne Lomé-Kpalimé, édifiée entre 1904 et 1907 était appelée la « ligne du cacao ». Le matériel roulant, pour exploiter tout le réseau ferré du Togo, est alors composé de 11 locomotives et 201 wagons. A partir de 1923, les autorités mandataires françaises s’emploient à améliorer les infrastructures légères et vieillissantes laissées par les Allemands. Des ponts, des gares et des entrepôts sont bâtis, 15 locomotives et de nombreux wagons sont livrés. Reprenant un projet allemand pour exploiter les ressources du Nord Togo – ils visaient alors le minerai de fer dans le pays Bassar -, la ligne Lomé-Atakpamé est prolongée à partir de 1929. Mais en 1933, la crise interrompt les travaux à Blitta, à quatre-vingt kilomètres au sud de Sokodé, la seconde ville du Togo ; finalement, le chemin de fer togolais n’alla jamais plus loin.   - « Du temps des Allemands, qu’est-ce qu’il y avait comme chemin de fer ? Lomé-Palimé, 119 kilomètres, répond-il. Lomé-Atakpamé, 197 ; Lomé-Aného, 44. Nous sommes arrivés ; nous avons trouvé des rails de 20 kilos, trop légers. Petit à petit, nous remplaçons cela par du standard de 26 kilos, et, pour ce qui est de la ligne Lomé-Atakpamé, en décembre [1933] on l’aura prolongée de 112 kilomètres… […] On voulait d’abord poursuivre la voie jusqu’à Sokodé. On l’arrête à Blitta ». Source : Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
  • Porto-Novo, l’avenue Doumergue. – L’artère commerciale, située dans le quartier du marché, est le cadre historique des activités de négoce des familles libanaises. Celles-ci, arrivées à Porto-Novo vers 1885, venaient renforcer une communauté de commerçants alors essentiellement composée d’Afro-brésiliens et de portugais. Les nouveaux venus étaient des opérateurs relativement modestes, ne disposant pas de grandes concessions ni d’appontement sur la lagune. Ils bâtirent des constructions simples, en briques, où coexistaient boutique, entrepôt et logement. L’implantation de grandes firmes commerciales françaises, anglaises et allemandes, dont ils devinrent des distributeurs ou des sous-traitants, devait restreindre encore leur emprise économique sur la ville.
  • Lomé, Banque de l’Afrique Occidentale. – Il s’agit du siège loméen de cette institution fondée en 1853 sous le nom de « Banque du Sénégal », avant de devenir, en 1901, la Banque de l’Afrique Occidentale. En 1960, année de l’indépendance de nombreux pays africains, la BAO compte 38 sièges en Afrique. Un peu plus tard, en 1965, elle se transforme en Banque Internationale pour l’Afrique Occidentale (BIAO), en s’associant avec la First National City Bank of New York. Son siège est alors fixé à Paris. En 1993, elle change à nouveau de dénomination pour s’appeler « Compagnie Bancaire de l’Afrique Occidentale ». Enfin en 2007, elle est absorbée, en conservant son nom, dans le groupe bancaire et financier marocain Attijariwafabank bank, premier opérateur au Maghreb et troisième au niveau africain.
  • Lomé, vendeuses au marché, (vers 1925). – Dès l’époque coloniale allemande, les revendeuses, éléments caractéristiques du commerce de détail au Togo, commencent leurs fructueuses pratiques, aux côtés de grandes maisons de commerce comme Deusche Togo Geselischaft, Boedecker et Mayer, J. K. Victor, Goedel, et de quelques marchands syriens. Des fortunes accumulées sur la base de petits commerces feront, de quelques togolaises particulièrement avisées en affaires, des « Mama-benz », figures éclatantes de la réussite économique.
  • Lomé, Bureau des Douanes. – Ce bâtiment, construit en 1903 par les Allemands juste en face du wharf, a été démoli en 1983, laissant place à un centre commercial moderne comptant des salles de cinéma, un casino, une boite de nuit et un hôtel. Les douanes jouaient un rôle capital dans le dispositif colonial allemand. Elles fournissaient en effet la majeure partie des ressources budgétaires du Togo, qui finit par ne plus rien coûter à la métropole à partir de 1906. Les Allemands considéraient de ce fait le Togo comme « Musterkolonie », la colonie modèle. Les marchandises pour tout le territoire, qui devaient être obligatoirement débarquées par le wharf -et donc directement devant la douane-, étaient soumises à une taxe de 10%. Seuls certains articles, comme les sacs, les bouteilles ou les wagons, bénéficiaient d’une franchise douanière. Les Anglais et les Français qui succèdent aux Allemands après la défaite locale de 1914, maintiennent dans un premier temps un système douanier comparable à celui de leurs prédécesseurs. Ensuite, tandis que les Anglais adoptent le même régime douanier au Togo britannique qu’en Gold Coast, les Français instaurent au Togo sous mandat un statut moins favorable qu’au Dahomey et créent ce faisant une concurrence entre les deux territoires mitoyens qui obligea à rétablir un poste de douane à Aného et un contrôle de la frontière sur le Mono. Progressivement, la situation est normalisée, et peu avant la seconde guerre mondiale le régime douanier des deux territoires est aligné sur celui du reste de l’AOF. - La photo est prise depuis le wharf construit par les Allemands, dont on aperçois une partie de la rambarde à droite de l'image. Cette carte postale a été éditée par Alex Accolatse. Ce notable loméen
  • Cotonou, le débarquement des passagers. – « 23 mai 1890 [...] De Bassam, on continua à suivre la côte pour arriver à Cotonou. Tu as sûrement appris notre expédition au Dahomey ; elle bat son plein actuellement. [...] A Cotonou, il y a une barre comme à Bassam, mais il y a de nombreux requins qui rendent les capotages infiniment plus dangereux ». Source : Correspondance d’Albert Nebout (1862-1940), rassemblée et publiée dans Nebout, Albert, Passions Africaines, Genève, Editions Eboris, 1995.
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  • Cotonou, vue sur la lagune. - « Le soir, je repars [depuis Porto-Novo, le 27 octobre 1900] pour Kotonou, [...] Trois piroguiers se penchent et se redressent à l’arrière et les perches frêles s’élèvent et se croisent dans le ciel ; la pirogue effleure et fait crisser les roseaux, comme une soie froissée, et l’armée des moustiques s’élance à bord [...] Au réveil, le lendemain, les piroguiers ont stoppé, n’osant avancer par crainte du courant de la lagune – un raz de marée à ouvert, il y a quelques années, la lagune sur la mer, ce qui a permis aux requins d’y pénétrer. Les habitants ont assisté à de terribles combats entre requins et caïmans ». Source : Gouraud, Général, Zinder, Tchad - Souvenirs d'un Africain, Paris, Plon, 1944.
  • Atakpamé, stadtteil der Europàer. – Le quartier européen d’Atakpamé. – Atakpamé : « Nous nous promenons dans Atakpamé, Gaudillot et moi. […] J’avais une impression très douce de sympathie, de sécurité. Point de regards mauvais, point de regards fuyants. Les femmes nous montraient leurs nouveau-nés, riaient, blaguaient entre elles, point effarouchées et point d’avantage hostiles »… (1). Il s’agit du commandant de cercle Henri Gaudillot qui administra Atakpamé dans l’entre guerres, après M Fréau et avant M Guillou. Une des premières visites européennes connues d’Atakpamé est le fait du Dr Krause qui, de retour d’une expédition avortée pour aller d’Accra à Tripoli en passant par Tombouctou, y séjourne le 19 août 1887. La création du poste administratif allemand remonte à 1898, et fait suite aux recommandations d’un rapport du lieutenant Rudolf Plehm, paru en mars-avril 1896. Von Doerig, parti de Klouto en juin 1898, installe le poste d’Atakpamé qui commande le vaste cercle du Moyen-Togo, après quelques combats contre les Akposso Ayomé et les Akposso Okama de la région. Von Doering, que les habitants appelaient affectueusement « Vondouli », devient le premier Bezirk Amtsmänner (commandant de cercle) du Bezirksämtern (cercle administratif) d’Atakpamé. Source : (1) Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
  • Groupe de Cabrés (Haut-Togo). - Carte éditée par les Missions Africaines, 150 cours Gambetta, Lyon, Vicariat apostolique du Togo. - Les Kabyé, aussi appelés Cabré, Cabrai, Kabiré, Kaburé, sont les occupants de la diagonale montagneuse qui sépare la vallée de la Volta de celle du Mono. Leur nom viendrait de la déformation par les Haoussa puis par les Cotokoli du mot kafir, qui signifie païen en arabe. Le nom original du groupe serait en fait les Lama, c'est-à-dire l’abréviation de Lan-mba, « ceux de la forêt ». Ce peuple qui aurait connu, jusqu’au XVIIème siècle, une certaine expansion, atteignant manifestement des régions de forêt, est repoussé sur les plateaux puis dans les montagnes par des invasions successives. Organisés en une nébuleuse de clans, ils n’obéissent pas à une autorité centralisée. Farouchement autonomes, ils sont longtemps perçus par les centres musulmans alentours, comme habitants d’un réduit impénétrable. Dans son roman à clé En attendant le vote des bêtes sauvages, Amadou Kourouma évoque les Kabyé comme « sauvages » et « sans chef » et les fait désigner par les ethnologues comme « paléonigritiques ». Source : Kourouma, A., En attendant le vote des bêtes sauvages, Paris, éditions du Seuil, 1998.
  • Cotonou, avenue des Cocotiers, Bibliothèque et P.T.T. - – « Très bien, Cotonou. De larges avenues plantées de cocotiers et pavées de coquilles d’huîtres. Voirie rudimentaire, assurée par des poulets étiques et de petits cochons noirs. Les dames de l’endroit n’ont pas froid aux yeux et se poudrent la figure. Les petites filles aussi. Cotonou sent la poudre de riz. » Source : Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
  • Sokodé, l’arrivée des aéroplanes français au Togo. – L’histoire de l’aviation togolaise est assez ancienne, puisque les autorités coloniales ont fait établir, dès l’entre guerres, une série de terrains de secours, dont 2 (Lomé et Mango) ouverts à l’année et 23 secondaires uniquement praticables en saison sèche. Ces installations sommaires étaient destinées à répondre aux besoins croissants des raids touristiques. A la même époque, en 1934 ou 1936 selon les sources, l’aéroclub de Lomé voit le jour, sous l’impulsion de l’avocat Viale qui l’animera jusqu’en 1939. Les pilotes amateurs volent alors sur un monoplan Potez de type 60 P2 et sur un biplan Caudron C59. L’aéroclub du Golfe, qui est le plus ancien d’Afrique de l’Ouest, fonctionne encore 75 ans plus tard. Le Togo fut également le pionnier dans la région pour la construction aéronotique amateur, avec un monoplace monoplan à aile basse mu par un moteur Volkswagen, conçu et fabrique dans les années 1970 par le mécanicien Jean Camérini. – Carte postale éditée par A. Accolatsé. Alex Accolatse avait commencé sa carrière de photographe à la toute fin du XIXème siècle en Gold Coast, avant de venir s’installer en 1900 à Lomé où il exerça jusqu’en 1956 et s’éteignit en 1975 à 95 ans.
  • Atakpamé, le marché - « Nous nous promenons dans Atakpamé, Gaudillot et moi. […] J’avais une impression très douce de sympathie, de sécurité. Point de regards mauvais, point de regards fuyants. Les femmes nous montraient leurs nouveau-nés, riaient, blaguaient entre elles, point effarouchées et point d’avantage hostiles »… (1). Il s’agit du commandant de cercle Henri Gaudillot qui administra Atakpamé dans l’entre guerres, après M Fréau et avant M Guillou. Une des premières visites européennes connues d’Atakpamé est le fait du Dr Krause qui, de retour d’une expédition avortée pour aller d’Accra à Tripoli en passant par Tombouctou, y séjourne le 19 août 1887. La création du poste administratif allemand remonte à 1898, et fait suite aux recommandations d’un rapport du lieutenant Rudolf Plehm, paru en mars-avril 1896. Von Doerig, parti de Klouto en juin 1898, installe le poste d’Atakpamé qui commande le vaste cercle du Moyen-Togo, après quelques combats contre les Akposso Ayomé et les Akposso Okama de la région. Von Doering, que les habitants appelaient affectueusement « Vondouli », devient le premier Bezirk Amtsmänner (commandant de cercle) du Bezirksämtern (cercle administratif) d’Atakpamé. Source : (1) Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
  • Katholische missionsschule in Anecho. - Les autorités coloniales allemandes s’emploient très tôt à maîtriser l’offre religieuse. Dans un premier temps elles fixent des zones d’installation aux différentes sociétés missionnaires, pour éviter qu’elles ne se disputent trop ostensiblement la conquête de nouveaux fidèles. Dans un premier temps, les catholiques n’eurent pas le droit de s’installer à Aného, alors la capitale. De plus, les autorités veillèrent à la germanisation des acteurs religieux ; le pasteur anglais d’Aného fut remplacé par un pasteur allemand. Il fut également négocié au plus haut niveau, pour que les missionnaires catholiques à venir s’installer au Togo soient allemands. A Lomé, les missions s’installent à partir de 1892, avec l’arrivée des pères et frères catholiques, qui bâtiront trois églises avant de construire la cathédrale entre 1901 et 1902. Les protestants, de la mission de Brème, installés dès 1853 à Keta, investissent Lomé en 1895 et y édifient le temple, pièce majeure de leur dispositif, entre 1906 et 1907.
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  • Lomé, la rue du Commerce. – La plus ancienne rue commerciale de Lomé, appelée Hamburgerstrasse du temps de la colonie allemande, regroupait la plupart des factoreries de la place, et le siège local des compagnies maritimes et de négoce. On y trouvait notamment, aux côtés du temple et de la librairie évangélique, la firme Bödecker-&-Meyer,  les bureaux de l’armateur allemand Woerrmann, devenus ministère du commerce dans les années 1970. S’y trouvait aussi l’hôtel  Vogt, qui partageait le marché avec l’hôtel Kaiserhoff. Un peu plus tard, ils cédèrent la place à l’Hôtel du Golfe. Celui-ci est explicitement mentionné en 1941, dans l’enquête menée par les autorités militaires françaises de Lomé pour éclaircir le passage vers la colonie britannique voisine de la Gold Coast, de deux matelots de l’aviso La Gazelle. - Alex Accolatse, à qui l’on doit ce cliché, avait commencé sa carrière de photographe à la toute fin du XIXème siècle en Gold Coast. Il vint s’installer en 1900 à Lomé, où il exerça jusqu’en 1956 et s’éteignit en 1975 à 95 ans.
  • Tam-tam du Diable, chez les Cabrais du Togo. – Les Kabyé, aussi appelés Cabrai, Kabiré, Kaburé, sont les occupants de la diagonale montagneuse qui sépare la vallée de la Volta de celle du Mono. Leur nom viendrait de la déformation par les Haoussa puis par les Cotokoli du mot kafir, qui signifie païen en arabe. Le nom original du groupe serait en fait les Lama, c'est-à-dire l’abréviation de Lan-mba, « ceux de la forêt ». Ce peuple qui aurait connu, jusqu’au XVIIème siècle, une certaine expansion, atteignant  manifestement des régions de forêt, est repoussé sur les plateaux puis dans les montagnes par des invasions successives. Organisés en une nébuleuse de clans, ils n’obéissent pas à une autorité centralisée. Farouchement autonomes, ils sont longtemps perçus par les centres musulmans alentours, comme habitants d’un réduit impénétrable. Dans son roman à clé En attendant le vote des bêtes sauvages, Amadou Kourouma évoque les Kabyé comme « sauvages » et « sans chef » et les fait désigner par les ethnologues comme « paléonigritiques ». Source : Kourouma, A., En attendant le vote des bêtes sauvages, Paris, éditions du Seuil, 1998.
  • Panorama de Cotonou. Photo Geo Wolber. – « Très bien, Cotonou. De larges avenues  plantées de cocotiers et pavées de coquilles d’huîtres. Voirie rudimentaire, assurée par des poulets étiques et de petits cochons noirs. Les dames de l’endroit n’ont pas froid aux yeux et se poudrent la figure. Les petites filles aussi. Cotonou sent la poudre de riz. » Source : Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
  • Lomé, la rue du grand-marché, vers 1910. – On aperçoit la maison dite du Dr Anthony qui, bâtie en 1904 par la firme allemande Oloff, fut vendue en 1924 comme « bien ennemi » et acquise par la famille Anthony qui la possède encore. « La ville se divise en plusieurs quartiers. Au bord de la mer se trouvent des comptoirs ; il y en a quatorze à l’heure actuelle. Vers l’ouest habitent des gens qui viennent du territoire anglais, et qui se sont établis ici. Vers le sud-ouest, ce sont les habitations des haoussa, de toutes petites huttes rondes ressemblant à des ruches d’abeilles. […] La ville est organisée sur le modèle européen avec de larges rues. La rue du Marché est, jusqu’à présent, la plus belle, bordée de chaque côté par les comptoirs  des marchands ». Source : Description de Lomé en 1892 par le R. P. Shaeffer, cité par Muller, R. P. K., Histoire de l’église au Togo, Lomé, Bon pasteur, 1968.
  • Une vue sur les bords de la lagune de Porto-Novo. – La ville de Porto-Novo est reliée, dès la fin du XIXème siècle, à Cotonou et à Lagos (Nigeria) deux fois par semaine par la voie lagunaire, grâce à des pirogues de 10 à 20 t. Un peu plus tard, la mise en service du chemin de fer, opérationnel en 1929, puis des ponts de Cotonou en 1930 et de Porto Novo en 1938, permet des liaisons ferroviaires quotidiennes avec Cotonou devenue progressivement capitale de fait. La ville de Porto-Novo est le chef-lieu du cercle du même nom et le lieu de résidence, avec Cotonou, du Gouverneur général de la colonie. Le cercle compte en 1947 une population de 500 Européens et 324 817 Africains. Source : Guid’AOF, Dakar, Agence Havas AOF, 1948.
  • Lomé, Krumen halant une chaloupe sur la plage, vers 1900. – Les Krumen, connus comme fameux marins, sont recrutés sur la côte atlantique entre l’Ouest de la Côte d’Ivoire et le Libéria. Leurs compétences sont appréciées, tant sur les bâtiments navigant à la côte africaine, que comme équipages sédentaires chargés de faire franchir la barre aux escales. Avant la construction du wharf par les Allemands, entre mars 1902 et janvier 1904, marchandises et passagers débarquant à Lomé devaient affronter le péril de la barre. Tandis que les premières étaient souvent confiées aux vagues pour gagner la plage, les seconds empruntaient les chaloupes pilotées par les Krumen. La population de Lomé comptait, au dénombrement de 1900, quelques 111 Libériens, qui ne sont autres que ces Krumen formant les équipages des baleinières et autres surfboats qui allaient à la rencontre des navires au mouillage en rade foraine.
  • Lomé, Krumen halant une chaloupe sur la plage, vers 1900. – Les Krumen, connus comme fameux marins, sont recrutés sur la côte atlantique entre l’Ouest de la Côte d’Ivoire et le Libéria. Leurs compétences sont appréciées, tant sur les bâtiments navigant à la côte africaine, que comme équipages sédentaires chargés de faire franchir la barre aux escales. Avant la construction du wharf par les Allemands, entre mars 1902 et janvier 1904, marchandises et passagers débarquant à Lomé devaient affronter le péril de la barre. Tandis que les premières étaient souvent confiées aux vagues pour gagner la plage, les seconds empruntaient les chaloupes pilotées par les Krumen. La population de Lomé comptait, au dénombrement de 1900, quelques 111 Libériens, qui ne sont autres que ces Krumen formant les équipages des baleinières et autres surfboats qui allaient à la rencontre des navires au mouillage en rade foraine.
  • Lomé, le palais de justice. – Bâtiment construit en 1926. En matière de justice, le colonisateur allemand impose rapidement ses marques au Togo, notamment en interdisant dans le droit coutumier des pratiques considérées comme arriérées. C’est le cas des meurtres rituels, mais aussi de l’usage du poison d’épreuve. Celui-ci consistait à faire boire aux créanciers, lors d’une succession, l’eau qui avait servi à nettoyer le nez, les yeux et la bouche du défunt. S’ils refusaient, leur dû revenait aux héritiers. Le système judiciaire instauré par les Allemands est pyramidal. Les chefs traditionnels sont compétents en première instance dans les affaires civiles et pénales. Une part de 10% des amendes infligées leur est reversée, au titre des redevances coutumières. La deuxième instance, est de la compétence des chefs de cercle européens ; mais au-delà de 6 mois de prison et de 300 marks d’amende, la décision du gouverneur est nécessaire. La loi permet d’infliger des punitions corporelles, allant du fouet à la peine de mort. Par la suite, la deuxième instance sera confiée à la cour d’appel de Bouéa au Cameroun. A partir de 1922, le colonisateur français ne laisse, aux chefs traditionnels, qu’un pouvoir de conciliation. Des tribunaux de subdivision sont créés, ils sont compétents en matière civile et commerciale pour des actions d’une valeur inférieure à 300 francs, en premier ressort, et à 1500 francs en second ressort. Les tribunaux de cercle statuent en appel, et en première instance pour les actions comprises entre 1500 et 3000 francs. Un tribunal criminel, comprenant deux assesseurs européens, siège dans chaque cercle ; les peines vont de l’amende à la mort. Le tribunal colonial d’appel, qui siège à Lomé, est la seconde instance pour les affaires jugées par les tribunaux de cercle, mais aussi la chambre d’accusation pour les affaires criminelles.
  • Arrivée du gouverneur du Togo prisonnier à Porto Novo, en 1914. – Il s’agit du commandant Von Doering, qui assurait l’intérim du duc de Mecklemburg en congé lorsque la Grande Guerre éclata. Les parties en présence n’imaginaient pas que le conflit puisse se porter dans la région. Von Doering, avait d’ailleurs vainement proposé à deux reprises par télégramme des 4 et 5 août 1914,  aux gouverneurs du Dahomey, de Gold Coast et d’AOF, de neutraliser son territoire « pour ne pas donner aux Africains le spectacle de guerres entre Européens ». Von Doering, qui ne disposait que d’une force de police insuffisante pour résister à la coalition des troupes britanniques de Gold Coast et françaises du Dahomey (lesquelles se trouvaient alors ponctuellement renforcées par un bataillon venu de Dakar pour soumettre la turbulente peuplade des Holi), organisa la défense du seul site stratégique pour l’Allemagne, la station de radio transmission de Kamina proche d’Atakpamé. Défait après une vaillante résistance, il tente de négocier la reddition 25 août, non sans avoir détruit les installations de Kamina la nuit précédente. Sa reddition, sans qu’aucune condition n’ait été consentie par les vainqueurs, est effective le 26 août. Les prisonniers allemands sont internés au Dahomey, et la presse germanique mène en février 1915 une campagne pour dénoncer leurs conditions de détention. En fait, il se serait s’agit d’une action de propagande, destinée à justifier les mesures prises à l’égard des prisonniers français du camp de représailles d’Ahlen Falkehberger, en Allemagne.
  • Atakpamé, route de Palimé. – « La route jusqu’à Dafo, en territoire anglais. Une belle route qui tourne et qui vire dans une forêt coupée de vallées du fond desquelles de grands arbres s’élancent d’un seul jet, enchaînés de lianes énormes. Puis nous revenons. Nous repassons par Palimé. Un orage éclate, une tornade s’abat et change les routes en rivières. Celle que nous voulions prendre pour gagner Atakpamé est coupée. Il parait que c’est un phénomène assez fréquent par ici : personne n’a l’air de s’en émouvoir. On la rattrapera plus loin. Filons, filons, sous la pluie qui se déverse à pleins tonneaux sur le toit de la voiture. On la rattrape, je ne sais où. C’est le pays du cacao. La route est de chaque côté bordée de cacaoyers, chargés de cabosse. La pluie cesse, le ciel s’éclaire. On a déjà passé trois, quatre villages ». Source : Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
  • Porto Novo, l’avenue Gabriel. – Dès 1893, les autorités se penchent sur le choix du site idéal pour placer la capitale du Dahomey. Trois villes, Ouidah, Porto Novo et la modeste agglomération de Cotonou, sont en lisse. La première, quoique abritant l’état major du corps expéditionnaire chargé de la pacification du pays après la chute du roi Béhanzin, fut rapidement écartée. Porto Novo, pourtant tenue pour insalubre, fut finalement retenue. Mais progressivement Cotonou, plus centrale, rivalisa avec Porto Novo. La mise en service du chemin de fer reliant les deux villes, opérationnel en 1929, puis du pont de Cotonou en 1930, et enfin du pont de Porto Novo en 1938, scella le déclin progressif de la capitale. Le transfert des activités économiques puis des fonctions politiques vers Cotonou était amorcé; il ne s’interrompra plus.
  • Lomé, le wharf. – Il s’agit du wharf français, bâti en 1928 pour se substituer au wharf allemand de 1904. Le nouvel édifice est construit perpendiculairement à la houle, et non plus à la plage, et possède une structure faite de légers croisillons métalliques offrant peu de résistance aux vagues. Ces précautions n’étaient pas superflues, sachant que le wharf allemand avait été partiellement emporté par la violence de la barre un jour de tempête en 1911. En 1954 le wharf est allongé de 50 m. et le nombre de ses grues porté de 6 à 10 ; la prise de vue est donc antérieure à cette adjonction. En 1962 le président Sylvanus Olympio procède à la pose de la première pierre du port en eau profonde de Lomé, appelé à remplacer le wharf. L’Imposante installation, qui entre en service en 1968, aura un impact environnemental conséquent, contribuant à l’ensablement de la côte occidentale et à l’érosion de la côte orientale.
  • Lomé, la gare au début du XXème siècle. – « Du temps des Allemands, qu’est-ce qu’il y avait comme chemin de fer ? Lomé-Palimé, 119 kilomètres, répond-il. Lomé-Atakpamé, 197 ; Lomé-Aného, 44. Nous sommes arrivés ; nous avons trouvé des rails de 20 kilos, trop légers. Petit à petit, nous remplaçons cela par du standard de 26 kilos, et, pour ce qui est de la ligne Lomé-Atakpamé, en décembre [1933] on l’aura prolongée de 112 kilomètres… […] On voulait d’abord poursuivre la voie jusqu’à Sokodé. On l’arrête à Blitta ». Source : Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
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  • Lomé, la rue du Commerce, au début des années 1950. – La plus ancienne rue commerciale de Lomé, appelée Hamburgerstrasse du temps de la colonie allemande, regroupait la plupart des factoreries de la place, ainsi que le siège local des compagnies maritimes et de négoce. Sur la photo on distingue l’Hôtel du Golfe, suivi du bâtiment de la société John Holt de Liverpool. Un hôtel est déjà signalé dans cette rue, dans les descriptions de la ville à l’époque allemande. L’Hôtel du Golfe est explicitement mentionné  en 1941, dans l’enquête menée par les autorités militaires françaises de Lomé pour éclaircir le passage vers la colonie britannique voisine de la Gold Coast, de deux matelots de l’aviso La Gazelle.
  • Phare de Cotonou. – « Je suis parti un soir de Lomé et le lendemain matin je suis arrivé à Cotonou, Dahomey : côte basse, toujours, la barre, la plage, la longue rangée d’arbres et le wharf hérissé de grues. Une seule chose distingue Cotonou de Lomé : à Lomé, le phare est à gauche de wharf ; ici, on l’a planté à droite. Mêmes barcasses, mêmes chaloupes à vapeur venant chercher à bord passagers et bagages. Même panier ». Source : Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
  • Lomé, le palais de justice. – Bâtiment construit en 1926. En matière de justice, le colonisateur allemand impose rapidement ses marques, notamment en interdisant dans le droit coutumier des pratiques considérées comme arriérées. C’est le cas des meurtres rituels, mais aussi de l’usage du poison d’épreuve. Celui-ci consiste à faire boire aux créanciers, lors d’une succession, l’eau qui a servi à nettoyer le nez, les yeux et la bouche du défunt. S’ils refusent, leur dû revient aux héritiers. Le système judiciaire instauré par les Allemands est pyramidal. Les chefs traditionnels sont compétents en première instance dans les affaires civiles et pénales. Une part de 10% des amendes infligées leur est reversée, au titre des redevances coutumières. La deuxième instance, est de la compétence des chefs de cercle européens ; mais au-delà de 6 mois de prison et de 300 marks d’amende, la décision du gouverneur est nécessaire. La loi permet d’infliger des punitions corporelles, allant du fouet à la peine de mort. Par la suite, la deuxième instance sera confiée à la cour d’appel de Bouéa au Cameroun. A partir de 1922, le colonisateur français ne laisse, aux chefs traditionnels, qu’un pouvoir de conciliation. Des tribunaux de subdivision sont créés, ils sont compétent en matière civile et commerciale pour des actions d’une valeur inférieure à 300 francs, en premier ressort, et à 1500 en second ressort. Les tribunaux de cercle statuent en appel, et en première instance pour les actions comprises entre 1500 et 3000 francs. Un tribunal criminel, comprenant deux assesseurs européens, siège dans chaque cercle ; les peines vont de l’amende à la mort. Le tribunal colonial d’appel, qui siège à Lomé, est la seconde instance pour les affaires jugées par les tribunaux de cercle, mais aussi la chambre d’accusation pour les affaires criminelles.
  • Lomé, le vieux phare. – Construit en 1933 à proximité du wharf français, lui-même bâti entre 1925 et 1928, il se trouve inclus à partir de 1958 dans les jardins du nouvel hôtel Le Bénin. En 1968, il est démonté et réinstallé au sommet du château d’eau de Bè où il fonctionne encore de nos jours.
  • En hamac dans le Dahomey, en 1900 (le général Gouraud). – Avant la construction du chemin de fer au Dahomey en1904,  le voyageur se déplaçait en combinant la navigation fluviale et le portage en hamac. Ainsi, le général Gouraud, qui devait fonder peu après la ville de Niamey, passa par le Dahomey pour se rendre à Zinder. Débarquant du navire Le Tibet au wharf de « Kotonou » le 27 octobre 1900, il quitte la côte le 4 novembre, traversant le Bas-Dahomey en remontant l’Ouémé à bord de l’Onyx, « une petite canonnière à aubes ». Le terminus de la navigation, Sagon, est atteint en journée. Là, des « hamacaires » attendent les voyageurs sur la grève pour les emporter, eux et leur nombreux bagages, jusqu’à Zagnamado, ancienne résidence de campagne de Béhanzin, puis jusqu’à Parakou où ils intègrent un convoi comptant 27 Européens et 500 porteurs. - « Le soleil tape dur ; mas on nous a donné un hamac pour nos courses, hamac supporté par un long et fort bâton et porté sur la têt par deux hommes vigoureux, mode de transport en usage dans tout le Dahomey où les chevaux ne vivent pas. […] Le hamac est un mode de transport pratique pour les courses en ville, il l’est beaucoup moins pour les longues étapes. Le voyageur est placé très bas, giflé par les hautes herbes, il ne voit rien, et quand il y a un piquet au milieu de la route, il le reçoit dans les reins ». Source : Gouraud, Gal, Zinder Tchad, Paris, Plon, 1944.
  • Lomé, maison d’habitation pour européen, en 1908. – Il s’agit d’une demeure connue comme « la maison du Dr Anthony ». Construite en 1904 par la firme allemande Oloff, à proximité du croisement de la Marktstrasse (rue du Grand Marché) et de la Zechstrasse (avenue de la Libération), la maison fut vendue en 1924 comme « bien ennemi ». La famille Anthony, qui l’acquit alors, en est encore propriétaire de nos jours. Il subsiste quelques maisons de cette époque au Togo, souvent modifiées d’adjonctions ultérieures. Certaines cependant, dans les localités de l’intérieur du pays (à Anié et Agou notamment), ont conservé leur aspect d’origine plutôt dépouillé, favorisant la circulation de l’air.
  • Lomé, l’hôpital européen. – Il s’agit de l’hôpital Reine-Charlotte (de Wurttemberg). Sa construction, entreprise par les Allemands sur les fonds de la Croix-Rouge, n’était pas tout à fait terminée en 1914, et l’aile ouest fut achevée par les Anglais. Il resta en service jusqu’en 1954, date de l’ouverture du CHU de Tokoin. Il fut alors transformé en bureaux administratifs, et abrite aujourd’hui les archives du ministère de la Fonction publique au rez-de-chaussée, et la statistique scolaire à l’étage. L’organisation sanitaire et médicale instaurée par les Allemands est considérée comme très honnête. L’équipement hospitalier comprenait trois établissements réservés aux Européens et cinq aux Africains ; leur matériel était très moderne pour l’époque. Les soins, dans le système colonial allemand, étaient gratuits pour les agents de l’administration et leur famille, les élèves, les prestataires, les prisonniers et les indigents. Les autres usagers devaient s’acquitter d’honoraires médicaux allant de 2,4 à 3 Marks. L’hôpital Nachtigal d’Aného, le premier bâti au Togo,  abrite aujourd’hui une école primaire.
  • Lomé, frühere landung durch die Brecher.  (Débarquement d’autrefois à travers la barre), vers 1900. - Avant la construction du wharf par les Allemands, entre mars 1902 et janvier 1904, les marchandises, souvent conditionnées dans des tonneaux, étaient confiées aux vagues pour gagner la plage ; les pertes étaient importantes. La population de Lomé comptait, au dénombrement de 1900, quelques 111 Libériens, qui ne sont autres que les Krumen formant les équipages des baleinières et surfboats qui franchissaient la barre pour procéder à la manutention des marchandises auprès des navires au mouillage en rade foraine.
  • Porto Novo, place Jean Bayol. - Jean Bayol (1849-1905) reste reconnu localement pour avoir veillé à la protection du royaume de Porto-Novo, alors protectorat français, contre les velléités de son puissant suzerain Béhanzin à la fin du XIXème siècle. C’est un personnage emblématique des paradoxes de l’entreprise coloniale française, oscillant entre négociation et violence. Médecin de Marine, il va successivement faire le coup de force au Gabon, s’illustrant lors d’expéditions punitives contre les Pahouins en 1875, puis entamer une carrière d’explorateur et diplomate, en prenant part à l’expédition du capitaine Gallieni, chargé d’aller négocier à Ségou le monopole de la navigation sur le haut et moyen Niger avec le sultan Ahmadou, avant de contribuer à la colonisation de la Guinée, en négociant un traité avec les almami du Fouta-Djalon, et de conclure des accords avec les chefs du Sénégal Oriental. Il participe à l’exploration géographique et économique du Soudan occidental. Puis il entame une carrière administrative, devenant en 1883 lieutenant-gouverneur du Sénégal chargé des Rivières du Sud, région de l’actuelle Guinée, où il conduit une pacification qui connaît quelques débordements (l’affaire du Nuñez).  Il prend part aux négociation entourant le partage de l’Afrique occidentale entre puissances européennes autour de la conférence de Berlin, conseillant à Paris pour la délimitation de la Guinée portugaise, et négociant sur le terrain à Petit-Popo (Aného) pour la délimitation des possessions françaises du Dahomey et allemande du Togo. Il est également sollicité pour négocier et formaliser le découpage entre les possessions françaises et anglaises d’Afrique de l’Ouest, de la Ganbie au Nigeria en passant par la Sierra Leone, la Gold Coast ; nombre d’accords territoriaux portent son nom accolé à celui des négociateurs des autres parties. Au Dahomey, il tente en vain de négocier avec le roi Béhanzin la pacification et le respect d’accords douaniers passés ultérieurement, avant de prôner le recours à la force. Relevé et remplacé à Porto-Novo par un amiral de Marine, il prend sa retraite à 42 ans. Il fait ensuite une carrière politique, représentant la gauche démocratique, comme conseiller général puis sénateur des Bouches du Rhône. Il fait preuve d’une grande ouverture d’esprit dans ses engagements en faveur de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et de la limitation du service militaire. Il disparaît en cours de mandat sénatorial.
  • Lomé, entrée du palais du gouverneur – Construit de 18989 à 1905, il abritait les bureaux au rez-de-chaussée et les appartements du gouverneur à l’étage, selon le modèle habituel des bâtiments coloniaux. Le gouverneur August Kohler (1858 – 1902), qui était au Togo depuis 1895, décida en 1898 l’emplacement à 250 m de la plage. Pour que l’ensemble de l’édifice puisse être vu depuis les navires en mer, et ce malgré un talus qui bordait le rivage, le bâtiment reçu un sous bassement de 3,50 m. Sur ce cliché, on distingue, au mat de drapeau du bâtiment, les couleurs françaises. L’édifice devait continuer en effet à abriter l’exécutif du Togo, durant l’occupation britannique, entre 1914 et 1920, puis sous le mandat français et même après l’indépendance, jusqu’à la construction de la nouvelle présidence, sur un terrain mitoyen, en 1970.
  • Porto Novo, maison européenne. - La ville de Porto-Novo est le chef-lieu du cercle du même nom et le lieu de résidence, avec Cotonou, du Gouverneur général de la colonie. Le cercle compte en 1947 une population de 500 Européens et 324 817 Africains. A cette époque, la ville est reliée deux fois par semaine à Cotonou et à Lagos (Nigeria) par la voie lagunaire  grâce à des pirogues de 10 à 20 t, et quotidiennement à Cotonou par le train. Source : Guid’AOF, édition 1948.
  • Phare de Cotonou. – « Je suis parti un soir de Lomé et le lendemain matin je suis arrivé à Cotonou, Dahomey : côte basse, toujours, la barre, la plage, la longue rangée d’arbres et le wharf hérissé de grues. Une seule chose distingue Cotonou de Lomé : à Lomé, le phare est à gauche de wharf ; ici, on l’a planté à droite. Mêmes barcasses, mêmes chaloupes à vapeur venant chercher à bord passagers et bagages. Même panier ». Source : Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
  • Lomé, le temple protestant. – Achevé en 1907, le temple subira en 1977 de profondes modifications architecturales et notamment l’amputation d’un étage du clocher. La photo a été prise après 1927, époque de l’électrification de la ville, on note en effet la présence d'un réseau électrique. – Les autorités coloniales allemandes s’emploient à maîtriser l’offre religieuse. Dans un premier temps elles fixent des zones d’installation aux différentes sociétés missionnaires, pour éviter qu’elles ne se disputent trop ostensiblement la conquête de nouveaux fidèles. Ainsi les catholiques n’eurent pas le droit de s’installer à Aného, alors la capitale. De plus, les autorités veillèrent à la germanisation des acteurs religieux ; le pasteur anglais d’Aného fut remplacé par un pasteur allemand. Il fut également négocié au plus haut niveau, pour que les missionnaires catholiques à venir s’installer au Togo soient allemands. A Lomé, les missions s’installent à partir de 1892, avec l’arrivée des pères et frères catholiques, qui bâtiront trois églises avant de construire la cathédrale entre 1901 et 1902. Les protestants, de la mission de Brème, installés dès 1853 à Keta, investissent Lomé en 1895 et y édifient le temple, pièce majeure de leur dispositif, entre 1906 et 1907.
  • Natitingou, le monument aux morts. – Le régime colonial français a été marqué, en Afrique, par un recours intensif à la conscription, dépassant largement en cela ce qui se pratiquait dans l’empire britannique. L’agent recruteur était un des piliers du système. Son approche, comme celle du percepteur à d’autres époques, déclenchait la fuite de villages entiers, ou pour le moins celle des « bons pour le service militaire » selon l’expression consacrée. Malgré la levée régulière de troupes, et leur engagement dans la plupart des conflits auxquels participa la France durant le XX ème siècle, une bonne part des monuments aux morts érigés alors sur le continent africain sont dédiés aux acteurs français de la conquête coloniale.
  • Lomé, le Cercle vu du phare. – Il doit s’agir de l’ancien cercle de Lomé-ville, devenu école de la Marina par la suite. La photo a été prise depuis l’ancien phare, installé en 1933 à côté du wharf français, et qui resta quelques années dans les jardins de l’hôtel Le Bénin après sa construction en un temps record pour être livré à l’occasion de l’indépendance le 27 avril 1960. Le phare fut  ensuite démonté, en 1968, pour prendre place sur château d’eau de Bè où il fonctionne actuellement.
  • Atakpamé, vue générale. – Carte postale éditée par A. Accolatsé. Alex Accolatse avait commencé sa carrière de photographe à la toute fin du XIXème   siècle en Gold Coast, avant de venir s’installer en 1900 à Lomé où il exerça jusqu’en 1956 et s’éteignit en 1975 à 95 ans. – Atakpamé : « Nous nous promenons dans Atakpamé, Gaudillot et moi. […] J’avais une impression très douce de sympathie, de sécurité. Point de regards mauvais, point de regards fuyants. Les femmes nous montraient leurs nouveau-nés, riaient, blaguaient entre elles, point effarouchées et point d’avantage hostiles »… (1). Il s’agit du commandant de cercle Henri Gaudillot qui administra Atakpamé dans l’entre guerres, après M Fréau et avant M Guillou. Une des premières visites européennes connues d’Atakpamé est le fait du Dr Krause qui, de retour d’une expédition avortée pour aller d’Accra à Tripoli en passant par Tombouctou, y séjourne le 19 août 1887. La création du poste administratif allemand remonte à 1898, et fait suite aux recommandations d’un rapport du lieutenant Rudolf Plehm, paru en mars-avril 1896. Von Doerig, parti de Klouto en juin 1898, installe le poste d’Atakpamé qui commande le vaste cercle du Moyen-Togo, après quelques combats contre les Akposso Ayomé et les Akposso Okama de la région. Von Doering, que les habitants appelaient affectueusement « Vondouli », devient le premier Bezirk Amtsmänner (commandant de cercle) du  Bezirksämtern (cercle administratif) d’Atakpamé. Source : (1) Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
  • Lomé, le palais de justice. – Bâtiment construit en 1926. En matière de justice, le colonisateur allemand impose rapidement ses marques, notamment en interdisant dans le droit coutumier des pratiques considérées comme arriérées. C’est le cas des meurtres rituels, mais aussi de l’usage du poison d’épreuve. Celui-ci consiste à faire boire aux créanciers, lors d’une succession, l’eau qui a servi à nettoyer le nez, les yeux et la bouche du défunt. S’ils refusent, leur dû revient aux héritiers. Le système judiciaire instauré par les Allemands est pyramidal. Les chefs traditionnels sont compétents en première instance dans les affaires civiles et pénales. Une part de 10% des amendes infligées leur est reversée, au titre des redevances coutumières. La deuxième instance, est de la compétence des chefs de cercle européens ; mais au-delà de 6 mois de prison et de 300 marks d’amende, la décision du gouverneur est nécessaire. La loi permet d’infliger des punitions corporelles, allant du fouet à la peine de mort. Par la suite, la deuxième instance sera confiée à la cour d’appel de Bouéa au Cameroun. A partir de 1922, le colonisateur français ne laisse, aux chefs traditionnels, qu’un pouvoir de conciliation. Des tribunaux de subdivision sont créés, ils sont compétent en matière civile et commerciale pour des actions d’une valeur inférieure à 300 francs, en premier ressort, et à 1500 en second ressort. Les tribunaux de cercle statuent en appel, et en première instance pour les actions comprises entre 1500 et 3000 francs. Un tribunal criminel, comprenant deux assesseurs européens, siège dans chaque cercle ; les peines vont de l’amende à la mort. Le tribunal colonial d’appel, qui siège à Lomé, est la seconde instance pour les affaires jugées par les tribunaux de cercle, mais aussi la chambre d’accusation pour les affaires criminelles.
  • Le cercle « La Dahoméenne » à Porto-Novo. (avant 1904) – Ce club est le lieu de détente et de rencontre des privilégies de la capitale ; il est exclusivement réservé aux Européens.  Les jeunes lettrés africains de Porto-Novo, qui ne peuvent y accéder, créent en 1912 l’association « L’Etoile noire ». Parmi ses membres on peu noter, Louis Ignacio Pinto, un avocat et homme d’affaires formé à Bordeaux, Louis do Sacramento et Maximien Falade, des fonctionnaire, Alexandre d’Oliveira un instituteur. Ce club établit des relations avec les dirigeants du mouvement pan-nègre, Booker T. Washington, le docteur Du Bois, Marcus Garvey et Macauley. Le cercle de Porto-Novo compte, en 1947, une population de 500 Européens et 324 817 Africains.
  • Lomé, palais de l’Assemblée Représentative. – Carte postale expédiée en 1951. Le Togo de l’immédiat après guerre est le lieu d’une grande effervescence politique. L’assemblée représentative du Togo voit le jour en 1946. Elle compte 30 membres dont 6 français et 24 togolais. Cinq ans durant, elle est présidée par Sylvanus Olympio, élu le 8 décembre 1946. Sylvanus Olympio, secrétaire général du  CUT (comité d’unité togolaise), bataille à la fois pour la réunification des parties éwé du Togo et de la Gold Cost, avec le soutien du leader anglophone Chapmann, et pour l’indépendance. Il fait plusieurs interventions remarquées à la tribune des Nations Unis, mais en 1956 les habitants du Togo britannique, devant l’imminence de l’indépendance, se prononcent massivement dans les urnes pour leur rattachement à la Gold Coast ; c’en est fait du projet d’Ewéland. Les relations d’Olympio avec les autorités coloniales sont houleuses. En 1952, ces dernières font pression sur son employeur, le groupe Unilever, pour qu’il soit nommé à Paris et ainsi l’éloigner de l’arène togolaise ; il démissionne. Un peu plus tard, il est poursuivi sous des motifs fiscaux et perd ses droits civiques pour cinq ans. D’autres partis, le PTP de Nicolas Grunitsky et l’UCPN (l’Union des chefs et des populations du Nord), une scission du CUT provoquée par l’administration française, prennent un temps l’ascendant, remportant toutes les élections. Mais à partir de 1958, le CUT, allié à la JUVENTO et au MPT, revient aux affaires et négocie la sortie de l’autonomie et l’accès à l’indépendance que proclame le 27 avril 1960 Sylvanus Olympio devenu premier ministre. Paradoxe de l’Histoire, son parti, le CUT, avait été fondé peu avant la guerre à l’initiative du gouverneur français Montagné, pour contrecarrer les velléités coloniales allemandes.
  • La Lucie-Woemann échouée sur la plage de Lomé en janvier 1907. – « Lomé est une ville aux avenues rectilignes plantées d’arbres, que désignent à plus de 15 milles, les deux grandes flèches d’une cathédrale jaune pâle. Dans l’Ouest se remarque le Gouvernement, beau bâtiment blanc, isolé et à deux tours dont celle de gauche porte un mât de pavillon. Entre ce bâtiment et les wharfs un moulin à vent se montre prêt d’une maison jaune à toit rouge et, dans l’Est prêt des wharfs, il y a une tour noire très remarquable. Enfin on peut voir, au dessus des arbres, l’église protestante et le château d’eau qui est très élevé. […] Mouillage interdit. En raison de la présence de câbles sous-marins, il est interdit de mouiller dans l’Ouest de l’alignement du feu du nouveau wharf par celui allumé dans la tour N. W. de la cathédrale. Wharfs : il en existe deux. L’ancien wharf, qu’on a abandonné (1934), est normal à la côte. Le nouveau wharf, enraciné un peu dans l’Ouest de l’ancien, est orienté au Sud, long de 420 mètres et large de 18, avec 11 mètres d’eau à son pieds (1929) ». Sources : Instructions nautiques – Côtes Ouest d’Afrique, Paris, Service Hydrographique de la Marine, 1941.
  • Lomé, les drapeaux britannique et français flottent ensemble sur le palais du gouverneur durant la seule journée du 30 septembre 1920. –  Cérémonie de passation de pouvoir, après six ans d’occupation anglaise, la capitale du Togo doit passer, dès le lendemain, sous contrôle français. Les Allemands avaient en effet évacué Lomé le 7 août 1914, après que les gouverneurs du Gold Coast, du Dahomey et de l’AOF aient refusé leur proposition de neutraliser le Togo pour « ne pas donner aux Africains le spectacle de guerres entre Européens ». Repliés à l’intérieur des terres, les Allemands entendent utiliser leurs troupes, limitées à la force de police qui n’alignera jamais plus de 500 hommes, pour protéger la station de radio de Kamina, située à 7 km au sud-ouest d’Atakpamé.  Cette installation, qui permet de communiquer par ondes longues entre Berlin et les navires croisant dans l’Atlantique Sud, est stratégique. Malgré une résistance déterminée, et après avoir sabordé tous les équipements de Kamina, ils doivent déposer les armes le 26 août, vaincus par les troupes coloniales françaises et britanniques. Le territoire est partagé entre les alliés. Lomé est occupée par les Anglais, et le restera durant six ans jusqu’à ce qu’en 1919 un ultime partage entre alliés, entériné par la Société des Nations, attribue Lomé à la France, à compter du 1er octobre 1920. – Photo Alex Accolatsé, négatif sur verre.
  • Togo : Jeune fille à la rivière. – Photo éditée par l’Agence économique des territoires français sous mandat.
  • Lomé, Gouvernements-Gebäude. photo F. F. Olympio – Le quartier administratif (yovokomé) et le front de mer. L’imposant bâtiment est le logement administratif allemand (grosses Beantenwohnhaus), où étaient hébergés la plupart des agents supérieurs de la colonie jusqu’en 1908 ; construit entre 1897 et 1901, il est détruit dès 1913. Les fonctionnaires seront ensuite logés par deux dans des maisons de fonction, appelées « bungalow de fonctionnaires », toujours dans le même quartier. La vue est prise depuis le wharf allemand construit en 1903. Le dos de la carte postale n’est pas divisé, ce qui signifie qu’elle remonte à avant 1905 : la photo a donc vraisemblablement été prise en 1904. Fabriano Francisco Olympio, commerçant et photographe à Lomé, est l’un des fils de Francisco Olympio (le fondateur de la branche afro-brésilienne de la famille, né en 1833 à Bahia et arrivé sur la côte ouest africaine dans les années 1850) et le frère d’Octaviano Olympio, lui-même père de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo indépendant. Ayant quitté le Togo au début du XXème siècle pour le Cameroun, Fabriano Francisco revint ensuite à Lomé ou il devait mourir en 1910.
  • Lomé, la douane et les deux wharfs en 1928. – Le wharf allemand, à gauche sur l’image, fut construit entre 1902 et 1904, assurant l’essor économique de la ville qui était alors la seule dans toute la région à disposer d’une telle installation.  Mais une violente tempête, dans la nuit du 16 au 17 mai 1911, devait emporter la partie centrale de l’édifice, ne laissant que l’extrémité qui avait était ajoutée en 1908. Des travaux de restauration, entrepris en 1912,  aboutirent au contournement de la passerelle brisée, donnant au wharf réparé sa silhouette coudée si caractéristique. Le wharf français, à droite sur l’image, est construit entre 1925 et 1928. Profilé et perpendiculaire à la barre (et non plus à la côte comme le wharf allemand), il est plus résistant et offre une capacité de 700 tonnes par jour (le double du wharf allemand).
  • Ouidah, féticheuses de la mer.
  • Porto Novo, la ville indigène.
  • C9951TCR
  • Voyage du Ministre des colonies à la Côte d'Afrique. Dahomey - Arrivée à la Résidence d'Allada – Il s’agit du déplacement du ministre Milliès-Lacroix qui s’embarqua le 13 avril 1908 à Lisbonne sur un navire des Messageries Maritimes. Le voyage du ministre, qui visita successivement le Sénégal, la Guinée française, la Côte d’Ivoire et le Dahomey fur couvert par le photographe Edmond Fortier de Dakar.
  • Dahomey, un chantier.
  • Dahomey (Moyen Niger), sur le Niger
  • Adjara-Lagune (Dahomey),
  • Bohicon (Dahomey), le marché – Bohicon, est une ville carrefour sur la route principale et le chemin de fer Cotonou-Parakou, proche d’Abomey. Son marché est célèbre dans le pays, notamment pour les moutons.
  • Pirogue au pied du wharf de Cotonou.
  • Parakou, M. Louis, chaise à porter (mention manuscrite)
  • Un troupeau allant au pâturage à Save, Dahomey – Savé petite ville située sur la route du Nord et sur le chemin de fer Cotonou-Parakou, est un centre important du cercle de Savalou. Savé compte, en 1948, 5500 habitants. C’est le lieu d’une exploitation de tabac par la SOCOTAB.
  • Cotonou, débarcadère lagune - cliché Franck Kpade – Cotonou est reliée par voie lagunaire tous les deux jours à Abomey-Calavi et tous les cinq jours à Porto-Novo grâce à des pirogues de 10 à 20 t.
  • Dahomey, passage de la barre par une barque - Photo éditée par l'Agence économique de l'AOF.
  • Lomé, magasin de MM. John Holt.
  • Lomé, un train en gare – « À compter de 1904, trois voies ferrées furent construites à partir de Lomé, disposées radialement dans trois directions différentes. La première, la ligne côtière Lomé-Anécho, fut ouverte au trafic en juin 1905. Suivit en janvier 1907 la ligne du nord-ouest en direction de Kpalimé à 125 km, puis la ligne du nord, vers Atakpamé, longue de 162 km, qui fut mise en service le 1er avril 1911. Cette performance technique, réalisée en l’espace de dix années à peine, mérite d’autant plus d’être reconnue comme un exploit si on la compare en particulier aux constructions de voies ferrées effectuées sous le mandat français qui, en plus de vingt cinq ans, n’a pu prolonger la ligne nord que de 113 km, jusqu’à Blita. » Deutsche Architektur in Togo 1884 – 1914, Wolfgang Lauber, éditions Karl Kramer Verlag, Stuttgart, 1993.
  • Lomé, un train passant devant la Poste (ancienne poste)
  • Lomé, bâtiment des Chargeurs Réunis.
  • Lomé, la direction des postes.
  • Lomé, un bungalow de fonctionnaire.
  • Lomé, vue vers l'ouest, photo F. F. Olympio – Fabriano Francisco Olympio, commerçant et photographe à Lomé, est l’un des fils de Francisco Olympio (le fondateur de la branche afro-brésilienne de la famille, né en 1833 à Bahia et arrivé sur la côte ouest africaine dans les années 1850) et le frère d’Octaviano Olympio, lui-même père de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo indépendant. Ayant quitté le Togo au début du XXème  siècle pour le Cameroun, Fabriano Francisco revint ensuite à Lomé ou il devait mourir en 1910. Carte postée en 1904.
  • Lome17
  • Lomé, rue Commerciale.
  • Lomé, l'école ménagère - carte éditée par les Soeurs missionnaires de Notre-Dame des Apôtres, Vénissieux  – L’école professionnelle de Lomé est construite par la mission catholique entre 1906 et 1912 comme centre de production et de formation (mécanique, couture, menuiserie, imprimerie…). Elle a formé des générations de bons artisans pour tout le pays.
  • Lomé, le temple protestant – carte postale postée en 1935 – Le temple évangélique est réalisé en 1906-1907 par la Société des Missions d’Allemagne du Nord. Il reste encore actuellement le cœur de l’Eglise évangélique du Togo.  Deutsche Architektur in Togo 1884 – 1914, Wolfgang Lauber, éditions Karl Kramer Verlag, Stuttgart, 1993.
  • Lome22
  • Lome23
  • Lomé, le temple protestant  – Le temple évangélique est réalisé en 1906-1907 par la Société des Missions d’Allemagne du Nord. Il reste encore actuellement le cœur de l’Eglise évangélique du Togo.  Deutsche Architektur in Togo 1884 – 1914, Wolfgang Lauber, éditions Karl Kramer Verlag, Stuttgart, 1993.
  • Lome3
  • La fanfare d'Agou-Wyongbo (Togo) – Photo de l’agence Togo-Cameroun publiée dans la collection des colonies des chocolats Suchard.
  • Lome5
  • Lomé, rue d'Amutivé.
  • Lomé, vue générale de l'hôpital de Tokoin  - Le CHU de Lomé Tokoin remplace à partir de 1954 l’hôpital Reine-Charlotte de Lomé, principal établissement hospitalier du Togo depuis son ouverture en 1909. L'architecte de l'hôpital de Tokoin, Henri Crouzat, est également à l'origine du plan d'urbanisme de Lomé datant de 1948. Il reste cependant plus connu pour ses romans Azizah de Niamkoko, oeuvre régionale décrivant le Togo colonial et L'île du bout du monde porté à l'écran en 1958.
  • Lomé, le wharf – Le wharf allemand, avec son contournement caractéristique de la partie détruite par une tempête en mai 1911.
  • Lome9
  • Quittah (Gold Coast), départ pour une promenade sur la lagune.
  • Dahomey, féticheuse d'Abomey .
  • Anécho, damm durch die laguna - Barrage sur la lagune. Anécho, aussi connu comme Petit-Popo connaît la présence permanente de commerçants allemands et français dès 1872.
  • Lomé, apprentis menuisiers à l'école des missions de Lyon – L’école professionnelle de Lomé est construite par la mission catholique entre 1906 et 1912 comme centre de production et de formation (mécanique, couture, menuiserie, imprimerie…). Elle a formé des générations de bons artisans pour tout le pays.
  • Cotonou, allée de filaos.
  • Cotonou, marché lagunaire - Cotonou est reliée par voie lagunaire tous les deux jours à Abomey-Calavi et tous les cinq jours à Porto-Novo grâce à des pirogues de 10 à 20 t.
  • RDH99
  • Abohoun, la chapelle-école où le père en visite couche et dit la messe et où 100 jeunes catéchumènes viennent au catéchisme et en classe de français
  • Cotonou, types de Dahoméens – Le cercle de Cotonou compte, en 1948, une population de 75 458 Africains dont 26 789 Aizos, 10 278 Fons et Gouns, 28 678 Toffins, 3786 Nagots, 2580 Minas. Par ailleurs, on compte 759 Européens et 12 étrangers. La main d’œuvre est qualifiée « d’équilibrée ». Guid’Aof, édition 1948.
  • Internat de Lagos (Bénin).
  • Dahomey, une petite chapelle, mission de Pont-Rousseau (Loire-Inférieure)
  • Dahomey, à leur retraite annuelle un groupe de catéchistes, les aides précieux du Missionnaire
  • Cathédrale de Ouidah - vers 1925.
  • Porto Novo, rue Doumergues - La ville de Porto-Novo est le chef-lieu du cercle du même nom et le lieu de résidence, avec Cotonou, du Gouverneur général de la colonie. Le cercle compte en 1948 une population de 324 817 Africains et 500 Européens (Guid’AOF – édition 1948).
  • Porto Novo, le grande marché vers 1950  - La ville de Porto-Novo est reliée deux fois par semaine à Cotonou et à Lagos (Nigeria) par voie lagunaire par des pirogues de 10 à 20 t, à Cotonou quotidiennement par le train (Guid’AOF – édition 1948) .
  • RDahomey Benin River Mono at Low Level C1925
  • Sakété, préparation du grain pour le transport.
  • Grand Popo, le quartier des factoreries, vers 1905.
  • RDahomey. Warriors w bows1920
  • Athlémé, la mission ou résidence du Père, trois petites salles au rez-de-chaussé, autant au premier – Athiémé est le chef-lieu du cercle du même nom qui compte, en 1948, une population de 212 662 Africains et 37 Européens. Athiémé est relié à Cotonou grâce à une flottille de barques à fond plat sur le Lac d’Athiémé assurant le transport des produits vers la gare de Segboroué.
  • Dahomey, équipe travaillant sur la voie de chemin de fer, vers 1912 – En 1948, le chemin de fer Bénin-Niger compte 68 gares le long de ses 685 km de voies, dont 579 de voie métrique et 106 de voie de 0 m 60. Le fret transporté atteint, en 1946, 90 485 t et 810 483 passagers ont emprunté les lignes qui vont de Cotonou à Parakou, de Cotonou à Pobe par Porto-Novo et de Cotonou à Segboroué vers Athiémé.
  • Porto Novo, un paysage dahoméen..
  • Segeoroui, le Lac Ahémé.
  • Porto Novo, un coin du marché. - Porto Novo, maison européenne. - La ville de Porto-Novo est le chef-lieu du cercle du même nom et le lieu de résidence, avec Cotonou, du Gouverneur général de la colonie. Le cercle compte en 1947 une population de 500 Européens et 324 817 Africains. A cette époque, la ville est reliée deux fois par semaine à Cotonou et à Lagos (Nigeria) par la voie lagunaire  grâce à des pirogues de 10 à 20 t, et quotidiennement à Cotonou par le train. Source : Guid’AOF – édition 1948.
  • Cotonou, les jardins de la Douane – Le cercle de Cotonou exporte, en 1948, 3000 t. de palmiste, 1000 t d’huile de palme, 100 t de coprahs et 20 t de café.
  • Agoué, l'église catholique.
  • Athlémé, le comité catholique de la province entourant son évêque et le représentant du supérieur général en visite au Dahomey .
  • RDahomeyCotonou
  • Porto Novo, sur le marché.
  • Cotonou, jeune femme dahoméenne.
  • Lomé, Hamburger strasse – 1910 - La rue d'Hambourg.
  • Lomé, Marktplatz eingeborene deutsche -1902 - sujets allemands au marché.
  • Togo shull-hütte im hinterland kinder - 1911 paillote école dans la brousse et ses écoliers.
  • Lomé, le collège Saint Joseph. – Inauguré en 1948, le célèbre établissement de la route de l’Aviation, connu de ses anciens élèves comme « St Jo », est un groupe scolaire dont les enseignements s’étendent en réalité du 1er au 3ème degré. Nombreuses personnalités togolaises ont fréquenté ses bancs, parmi lesquelles Edem Kodjo, Léopold Gnininvi, Eugène Adoboli…
  • Cercle de Sokodé, village de Paratau – Situé à 8 km de Sokodé, le village de Paratau (aussi écrit Parato) compte 2450 habitants en 1948, et dispose d’une école rurale.
  • Togo, missionnaire en tournée.
  • Dalimé, traitement des palmistes à la station agricole d'Agou (Kpalimé).
  • Dalimé, fanfare indigène sur la place du marché - 1926 (Kpalimé).
  • Chef des Cotocolis - Photo éditée en 1928.
  • Anécho, la sortie du Fétiche .
  • Lomé, Süd-Seite - photo F. F. Olympio – Fabriano Francisco Olympio, commerçant et photographe à Lomé, est l’un des fils de Francisco Olympio (le fondateur de la branche afro-brésilienne de la famille, né en 1833 à Bahia et arrivé sur la côte ouest africaine dans les années 1850) et le frère d’Octaviano Olympio, lui-même père de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo indépendant. Ayant quitté le Togo au début du XXème  siècle pour le Cameroun, Fabriano Francisco revint ensuite à Lomé ou il devait mourir en 1910. - Le verso de cette carte, non divisé pour inscrire la correspondance à côté de l'adresse, établit qu'elle date d'avant 1904. La présence de deux grues au bout du wharf allemand confirme que la photo fut prise avant 1908, car entre 1908 et 1909 il fut ajouté trois autres engins de levage pour augmenter les capacités logistiques de l'ouvrage.
  • Lomé, la Direction de la Santé – « Le service de santé du Togo comprenait, en 21, 5 médecins européens et 46 agents indigènes. Il compte aujourd'hui 12 médecins européens, 9 agents européens affectés à des services divers (pharmaciens, dentistes, etc.) et 310 agents indigènes, infirmiers, infirmières, microscopistes, etc. [...] En 22, 94 000 consultations, 1 million en 32. En 23, 14 accouchements. 1372en 32. En 24, 1000 consultations de nourrissons. 41000 en 32. - Quel est votre budget, docteur ? - En 1933, 7 millions. - Qu'est-ce que paie un indigène pour les soins médicaux et les médicaments ?  - Rien ! » Source Jean Martet, Les Bâtisseurs de royaumes, édition Albin Michel, Paris, 1934.
  • Lomé, embarquement sur un navire en rade - Le fameux panier. Correspondance au verso adressée à Mademoiselle et M. Joseph, Paris 10 ème :
  • Lomé, le wharf – il s’agit du wharf français, construit  entre juin 1925 et juin 1928. Sa structure plus légère et son orientation perpendiculaire à la barre (et non plus à la plage comme c’était le cas pour le wharf allemand), offrant peu de résistance aux vagues, en font un édifice solide. Il a une capacité quotidienne de 700 t. (le double du wharf allemand), et Lomé ayant été électrifiée en 1926, il peut fonctionner de nuit.
  • Marché de Kouméa.
  • Vue générale d'Anécho - entre mer et lagune – Photo éditée par l’Agence économique des territoires africains sous mandat. Anécho, aussi appelée Petit-Popo, connaît la présence permanente de commerçants allemands et français dès 1872. La pression des autorités anglaises de la Gold Coast, qui voient d’un mauvaise œil cette concurrence proche de la contrebande, et la lutte pour le pouvoir des familles de notables locaux est tranchée par l’intervention de la canonnière la Möwe.A son bord se trouvait Gustav Nachtigal, qui signa avec les chefs et notables de Bè-Togo le traité qui donna naissance au territoire. Anécho fut la capitale du Togo allemand entre 1893 et 1897, succédant à Baguida qui l’était depuis la signature du traité de protectorat en 1884.
  • Le marché d'Aklakou - centre de production de palmiers à huile - Photo éditée par l’Agence économique des territoires africains sous mandat.
  • Vue sur le Mono.
  • Lomé, vue générale.
  • Togoville, groupe musical - carte postée en 1951.
  • Atakpamé, un autorail en gare d'Atakpamé, vers 1955 - « À compter de 1904, trois voies ferrées furent construites à partir de Lomé, disposées radialement dans trois directions différentes. La première, la ligne côtière Lomé-Anécho, fut ouverte au trafic en juin 1905. Suivit en janvier 1907 la ligne du nord-ouest en direction de Kpalimé à 125 km, puis la ligne du nord, vers Atakpamé, longue de 162 km, qui fut mise en service le 1er avril 1911. Cette performance technique, réalisée en l’espace de dix années à peine, mérite d’autant plus d’être reconnue comme un exploit si on la compare en particulier aux constructions de voies ferrées effectuées sous le mandat français qui, en plus de vingt cinq ans, n’a pu prolonger la ligne nord que de 113 km, jusqu’à Blita. » Deutsche Architektur in Togo 1884 – 1914, Wolfgang Lauber, éditions Karl Kramer Verlag, Stuttgart, 1993.
  • Grand Popo, le port – La ville de Grand Popo est un centre important du cercle d’Athiémé. C’est un port secondaire et le débouché de très importante palmeraires . Il dispose d’un bac à moteur.
  • Une thermitière (nid de fourmis) à Palimé (Togo) - Carte postale éditée par la Compagnie des soeurs de N. D. des APOTRES pour les Missions Africaines.
  • Lomé, Die Hamburger Strasse, 1902 - La rue de Hambourg avant la construction de la cathédrale qui date de 1906-1907.
  • Grosses Beamtenhaus in Lomé – La « grande maison des fonctionnaires », où logeaient les agents administratifs allemands, fut construite entre 1897 et 1901, elle fut démolie dès 1913. Elle se situait sur le littoral, juste à côté du bâtiment de la Douane qui était devant le wharf.
  • Lomé, Kaiserliches Zollamt  - Le bureau impérial des douanes, il est situé au bout du wharf allemand. Les voies ferrées, dans l’axe du débarcadère, passent devant. Construit en 1903, le bâtiment des Douanes est démoli en 1983.
  • lome Kaiserliches Zollamt
  • Lomé, le wharf – Photo publiée en 1962, mais elle doit dater d’avant 1954, époque à laquelle  le nombre de grues fut porté à 10, tandis que l’édifice était allongé de 50 m.
  • Lomé, l'école ménagère - carte éditée par les Soeurs missionnaires de Notre-Dame des Apôtres, Vénissieux.
  • Lomé, la population noire au marché du bois.
  • Lomé, la cathédrale – La cathédrale du Sacré Cœur de Lomé est un « important chef d’œuvre du frère Johannes inspiré de l’église de la maison-mère de la Société du Verbe Divin à Steyl. Construite en 1901-1902. Nef élargie par des galeries hautes en 1914. Toiture et flèche des clochers refaits en 1940. » Deutsche Architektur in Togo 1884 – 1914, Wolfgang Lauber, éditions Karl Kramer Verlag, Stuttgart, 1993.
  • Vicariat apostolique du Togo -Intronisation du Sacré-Coeur à Lomé - Ecrite et postée le 27.03.26 par Frédéric Akakpor.
  • Togo, sur les bords de la lagune - Carte postale issue d'un carnet édité par les Soeurs missionnaires de NOTRE-DAME des APOTRES, Venissieux (Rhône).
  • Togo, les petites filles noires à l'internat – Carte éditée par les Soeurs missionnaires de Notre-dame des Apportes, Vénissieux (Rhône).
  • Lomé, vue du large en 1964 – Le wharf vit ses dernières années de service, la première pierre du port autonome de Lomé a été posée le 23 novembre 1962 par le président Sylvanus Olympio. Les nouvelles installations seront inaugurées en avril 1968.
  • Lomé, Deutsch Westafrikanische Bank – La banque allemande d’Afrique de l’Ouest.
  • Vue de Porto Novo – La ville de Porto-Novo est le chef-lieu du cercle du même nom et le lieu de résidence, avec Cotonou, du Gouverneur général de la colonie. Le cercle compte en 1948 une population de 324 817 Africains et 500 Européens (Guid’AOF – édition 1948).
  • Togo, Ouatchi et Mina – image éditée par l’Agence économique des territoires africains sous mandat.
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