• A9941CIR
  • Abidjan, la rue du commerce et l’immeuble des Chargeurs Réunis. - Le quartier commercial historique d’Abidjan est implanté dans la moitié est du Plateau. Mais il ne subsiste aujourd’hui que peu de traces des bâtiments, bureaux, magasins et entrepôts témoignant de la prospérité commerciale de la ville de sa création à l’indépendance. Pour la plupart, ils ont cédé la place à une forêt de gratte-ciels surgit à l’époque du « miracle économique ivoirien », dans les années 1960 à 1980.
  • Section d’artillerie de la colonne de répression des N’gbans. - Le groupe des N’gbans, un des plus importants de la grande famille des Baoulés, ne se montre pas très accueillant face à l’entreprise coloniale. « Indépendants, braves, tenaces, chasseurs adroits et infatigables, confiants dans leurs forêts et fourrés impénétrables,[…]ils se sont toujours montrés adversaires redoutables et n'ont jamais voulu s'avouer complètement vaincus. Dès nos premières tentatives de pénétration en Côte d'Ivoire, ils opposent, à Singrobo, une résistance opiniâtre à la colonne Monteil; en 1902 et 1903, ils font subir des pertes nombreuses aux petites colonnes chargées de les punir des attaques qu'ils ont dirigées contre les convois de la ligne d'étapes ; ces colonnes terminées, mais non suivies du désarmement, ils ne payent pas l'amende de guerre qui leur a été infligée », explique Gabriel Angoulvant (1872-1932), le gouverneur général de Côte d’Ivoire de 1908 à 1916, à propos des actions de pacification menées à son initiative. Saisissant le prétexte de les désarmer –ils possèdent 2100 fusils, selon lui-, il envoie une colonne de tirailleurs solidement équipée, appuyée d’une artillerie légère, et parvient à soumettre la soixantaine de villages n’gbans entre avril et septembre 1910. Sources : Angoulvant, G., La pacification de la Côte d’Ivoire, Paris, éd. Emile Larose, 1916.
  • Abengourou. Traite du cacao, le transport. – L’Afrique est longtemps un continent de la marche à pied, du portage en colonnes le long des sentiers, sans roues ni routes carrossables. Le développement des infrastructures de transport, à partir de la toute fin du XIXème siècle, répond d’abord aux besoins et desseins de l’entreprise coloniale, l’exploitation des ressources naturelles à destination du marché occidental. Anglais, Français et Allemands tracent ainsi des routes et des voies ferrées convergeant vers les ports de sortie. Comme ici en Côte d’Ivoire, il s’agit de drainer depuis les zones de production cacao, arachides, bois ou minerais, et d’amener la main d’œuvre nécessaire dans les régions à mettre en valeur. De même, dans les villes, tout est organisé dans l’unique but d’acheminer les travailleurs depuis les quartiers indigènes vers les zones d’emplois. Les réseaux déployés à la faveur de cette logique extractiviste suivent rarement les voies ancestrales de communication, ne joignent pas toujours les villes intérieures entre elles, s’arrêtent souvent aux frontières et, en somme, ne servent pas la mobilité sur le continent. Cette tendance va perdurer au-delà des indépendances, alors que les Etats nouvellement souverains conservent les mêmes modèles économiques, doublés d’un certain nationalisme territorial. Les choses changent avec la crise économique des années 1980, signant la fin des politiques publiques de transport et l’émergence d’une multitude d’initiatives locales répondant enfin aux attentes du marché intérieur et des populations africaines…
  • A travers l’Indénié, étape de Malamalasso. – Faute de routes suffisamment carrossables et compte tenu des résistances rencontrées à chaque détour de chemin, la conquête coloniale de l’hinterland, l’arrière pays, se fait essentiellement à pied. Les étapes, comme ici celle de Malamalasso dans le sud de la Comoé, sont de véritables escales de repos et de ravitaillement, disposant de vivres et de « cases de passage ». Et les figures célèbres de l’entreprise coloniale, les tailleurs d’empire, sont avant tout de grands marcheurs et le revendiquent. Ainsi, le célèbre capitaine Marchand, qui a dirigé la  « Mission Congo-Nil » stoppée à Fachoda et a participé à l’exploration et à la conquête de la Côte d’Ivoire, n’était pas peu fier de son pas. Albert Nebout, administrateur civil de Côte d’Ivoire, qui l’hébergea à plusieurs reprises lors de ses pérégrinations dans le pays en 1893, parle ainsi de ses propres performances de marcheur : « Je fis mon petit Marchand et ne mis que cinq jours pour parcourir 150 kilomètres [entre Kouadio Koffi Krou et Tiassalé où le Gouverneur Binger l’avait appelé] » (1). Sources : (1) Correspondance d’Albert Nebout (1862-1940), rassemblée et publiée dans Nebout, Albert, Passions Africaines, Genève, Editions Eboris, 1995.
  • Abidjan, l’aérodrome. – Au sortir de la seconde guerre mondiale, la desserte aérienne de la capitale ivoirienne reste assez anecdotique. Le terrain d’aviation, situé à une vingtaine de kilomètres de la ville, entre Port-Bouët et Grand-Bassam, dispose d’infrastructures rudimentaires. La piste en terre battue ne dépasse pas 1200 mètres – sa longueur devait être portée à 1800 mètres dès la fin des années 1940 – et les installations commerciales se bornent à un petit bar et une simple salle où sont effectuées les opérations de police et de douane. Ces bâtiments sont de modestes baraquements de bois. Les services administratifs sont encore peu implantés à l’aérodrome, et il faut faire venir un douanier depuis la ville lorsque se présente un appareil. Plusieurs compagnies aériennes se posent pourtant déjà à Abidjan. Air France y exploite des lignes depuis Dakar et vers l’intérieur de l’AOF, vers Lagos et Douala notamment. La compagnie nationale emploie pour cela des DC3, comme ici le F-BAII. Les Transports aériens intercontinentaux (TAI) - l’un des ancêtres d’UTA avec la compagnie UAT - suspendirent un temps leur desserte car la piste était un peu courte pour accueillir leurs DC4. Aigle-Azur a une ligne régulière vers Dakar, Casablanca et Paris. La Société algérienne de transports tropicaux relie Alger et la métropole française. Enfin, la SEMAF opère des rotations régulières d’hydravions Latécoère 631, depuis Biscarosse dans les Landes et via Dakar, pour transporter du fret.
  • Dimbokro, le pont du N’zi. - Les travaux du chemin de fer « Abidjan-Niger » débutent en 1904. En 1909, le N’zi, une rivière, constitue la dernière grosse difficulté de la partie équatoriale du tracé ferroviaire ; il est franchi grâce à ce viaduc de 255 mètres de long. L’ouvrage et la gare de Dimbokro sont inaugurés le 11 septembre 1910, par le gouverneur général Angoulevant. La gare de Dimbokro reste le terminus du premier tronçon exploité, long de 181 km, jusqu’à l’ouverture en 1912 d’un nouveau tronçon de 135 km menant à Bouaké. Puis, entre 1919 et 1923, les 55 km séparant Bouaké de Katiola sont couverts. Entre 1924 et 1929 le tronçon Katiola-Ferkéssédougou, long de 187 km, est construit ; les 238 km supplémentaires, permettant de rallier Bobo-Dioulasso, sont achevés en 1932. La jonction ferroviaire entre Abidjan et Ouagadougou est réalisée en 1954. Enfin, du temps de la révolution Burkinabè (1983-1987), un réel effort populaire permet la construction d’un tronçon supplémentaire d’une centaine de kilomètres jusqu’à Kaya, à l’instigation de Thomas Sankara lui-même. Ce dernier tronçon n’a jamais été exploité. L’ambition était de joindre le gisement de manganèse de Tambao, à 200 km au nord de Kaya, sur lequel le pays fondait alors beaucoup d’espoirs.
  • Danseuses indigènes. – « J’assiste à une curieuse représentation. Ce sont des hommes qu’on a fait venir d’un village voisin, qui jonglent et font mille tours avec des petites filles de cinq à six ans. Ces petites sont nues, avec une ceinture de perles de couleur et au front un diadème de pot de panthère et de coquillages. Au son des tambours, avec une violence rythmée, les hommes les empoignent, détendues, les dressent, raidies, les laissent tomber, se les passent autour du cou, font avec ces petits corps d’étranges moulinets, vous les jettent à la figure et les rattrapent par un pied, au dernier moment. Ces actrices enfants se laissent faire avec indifférence ; leurs jeunes os sont flexibles comme du caoutchouc, et il n’y a aucune limite à leur souplesse » (1). Source : (1) Morand, Paul, A.O.F. de Paris à Tombouctou, Paris, Flammarion, 1928.
  • Abidjan, l’Hôtel du Parc – Rendez-vous obligé des Européens d’Abidjan, l’Hôtel du Parc n’acceptait pas, à l’époque coloniale, les clients africains - pas plus que le cinéma « Le Paris » voisin. Son bar, son restaurant étaient le lieu privilégie des réunions, formelles ou festives, des associations et syndicats européens. Les habitants blancs et noirs de la capitale ivoirienne – Abidjan était la capitale entre 1933 et 1983 – ne se mélangeaient guère en dehors des relations professionnelles, il n’existait d’ailleurs pas vraiment de lieu accueillant les deux communautés. Le bâtiment de l’Hôtel du Parc, issu de la transformation et de l’agrandissement de l’hôtel Bardon dans les années 1940, entendait en imposer par une architecture massive. C’était aussi, disait-on alors, le premier établissement climatisé d’Afrique de l’Ouest. Ses locaux sont occupés aujourd’hui par une galerie commerciale, qui reprend les noms prestigieux des établissements qui l’ont précédée. L’artiste Nanou Guily, exploitant du night-club abidjanais « L’Isba » entre les années 1970 et 1990, a chanté la splendeur passée de l’Hôtel du Parc [http://nanougiuly.com/Hotel.mp3].
  • Abidjan, pont de Treichville. - Cet ouvrage un peu primitif - un pont flottant -, édifié en 1931, occupait approximativement l’emplacement de l’actuel pont Houphouët Boigny. Franchissant la lagune Ebrié, il reliait le quartier du Plateau, au nord, au quartier de Treichville au sud. Il fut détruit en 1957, pour céder la place au nouveau pont. Celui-ci, construit en béton précontraint sur des pieux profonds, comporte 8 travées pour une portée totale de 372 mètres. A la fin des années 1960, un autre pont, nommé pont Charles De Gaule fut édifié selon les mêmes techniques, à quelques centaines de mètres à l’est du pont Houphouët-Boigny, pour absorber une partie du trafic automobile en plein essor. Ce nouvel édifice, long de 592 mètres, est d’ailleurs dévolu à l’usage routier. Aujourd’hui, on annonce la construction prochaine d’un troisième pont sur la lagune Ebrié. Le nouvel ouvrage, qui portera le nom de l’actuel président de la république ivoirienne – au pouvoir depuis 2000 et maintenu dans ses fonctions par des accords internationaux en attendant que la situation militaire et politique permette l’organisation de nouvelles élections présidentielles –, reliera le quartier de Yopougon à l’île Boulay. Jusqu’à présent isolée, celle-ci constitue une vaste étendue proche du centre ville, disponible pour l’extension. Elle devrait accueillir de nouvelles infrastructures portuaires, une zone franche industrielle et commerciale, et un quartier d’affaires. Trois consortiums, un français, un italien et un allemand, sont en lice pour obtenir le chantier de ce pont.
  • Abidjan, Palais du Gouvernement. – Ce palais rococo se dressait à l’emplacement de l’actuelle Présidence de la Côte d’Ivoire. Symbole du pouvoir colonial, il fut démoli après l’indépendance et remplacé par un bâtiment sans grand caractère. Sa construction avait été envisagée dès 1924, et pour la première fois on avait confié le projet à un cabinet d’architectes, Jaussely et Olivier qui était spécialisé dans l’architecture coloniale. Précédemment, la réalisation de tous les édifices officiels de Côte d’Ivoire était assurée par les Travaux Publics, un service de l’administration coloniale. Ce premier recours à une signature architecturale correspond à un revirement dans la politique antérieure du moins coûtant, tandis que cette colonie ne cesse de prospérer. Le chantier ne fut effectivement entamé qu’en 1931. Il avait finalement était confié à l’architecte Baudouin qui résidait à Abidjan. La construction, qui dura deux ans, ouvrait l’ère des grands travaux préparant le transfert de la capitale à Abidjan – elle se trouvait précédemment à Bingerville - en 1933. La richesse des décorations et installations du palais étaient alors inédite en Côte d’Ivoire.
  • Grand-Bassam, la lagune. –  Le réseau des lagunes, fleuves et rivières du sud de la Côte d’Ivoire constitue un moyen de déplacement ancestralement utilisé. En effet, dans cette région, l’impénétrable forêt tropicale handicape le développement des transports terrestres et le phénomène de « barre » - des vagues quasi infranchissables le long du littoral – y rend le cabotage maritime périlleux. A côté des innombrables pirogues indigènes qui assurent le trafic local, le colonisateur met en place rapidement une flotte motorisée pour acheminer marchandises et passagers. L’irrégularité des chenaux navigables – en largeur et en profondeur – et les difficultés de la navigation pendant les basses eaux impose l’emploi d’un matériel fluvial peu encombrant. Un système de  petits remorqueurs, tractant des barges de 50 tonnes, est adopté. Ces remorqueurs à fond plat, d’une vingtaine de mètres de long, ont un tirant d’eau d’un mètre à 1,5 mètre. Ils sont mus par deux machines à vapeur de 40 à 50 CV chacune, fonctionnant au bois de chauffage et prélevant leur eau dans la lagune. Un seul bateau porteur circulait dans le premier tiers du XXème sièlce, le Plajodel, en service entre Bassam et Assigny. Ses dimensions l’empêchaient  d'ailleurs d’emprunter le canal menant à la lagune de Lahou.
  • Grand-Bassam, factorerie de la Cie de Kong. – Le commerce de traite, qui prévaut dans le système colonial, repose sur les factoreries. Ces édifices servent à la fois de réserve aux marchandises manufacturées importées pour être échangées contre des matières premières tropicales, de réserves aux dites matières premières avant qu’elles ne soient expédiées vers l’Europe et de lieu de travail et d’habitation pour les commerçants occidentaux. La première factorerie de Côte d’Ivoire aurait été créée en 1863 par le rochelais Arthur Verdier à Assinie, où résidait alors le représentant de la France. C’est ce même Verdier qui devait fonder quelques années plus tard, avec l’aide du résident français Binger, la Compagnie de Kong pour développer la culture et le commerce du café ivoirien. - Ce bâtiment, qui avait été transformé il y a quelques années en galerie d’art, serait actuellement abandonné.
  • Village baoulé de Bakakro, case indigène. - « Les hommes [dans le Baoulé] sont vêtus d'un pagne qui passe entre les jambes et s'attache, devant et derrière à une ceinture, c'est le cache sexe. Par-dessus, un pagne soit tissé dans le pays, soit de fabrication européenne, entoure leur taille, descendant aux genoux. En visite, un autre pagne est jeté sur leurs épaules ». Sources : Correspondance d’Albert Nebout (1862-1940), rassemblée et publiée dans Nebout, Albert, Passions Africaines, Genève, Editions Eboris, 1995.
  • Un train de billes. – « Si la forêt vit, elle fait vivre aussi ceux qui trafiquent de ses bois. Ses acajous, ses faké-limbo noir et blanc, son framiré, son iroko, son avodiré ; son makoré, l’aboudikro, le badi, le tiama, ses bois moirés, frisés, drapés, rubanés, sont exploités pour les emplois en massif, pour les carcasses de meubles, pour les placages ; à la menuiserie elle offre encore le bossé, le bahia, le niangon ; le bois jaune d’or du badi, et le framiré, proche parent du chêne, se transforment en lames de parquets ; le teck s’impose pour les charpentes navales ; le framiré et l’iroko, opposant une grande résistance aux chocs et aux vibrations, conviennent à la carosserie, au charronnage, à l’aviation. Une trentaine de scieries, de sociétés et d’entreprises forestières vivent de la forêt. Longtemps, l’industrie du bois a assuré la prospérité de la colonie. Elle y  aidera encore largement, à la condition que le gouvernement général lui permette de se mouvoir dans des conditions aussi libérales que se meuvent les industries similaires dans les colonies britanniques voisines et au Cameroun. » (1). Sources : (1) Ricord, M., France noire, Marseille, Sud-éditions, 1939.
  • Abidjan, vue du pont de la poste. – Il s’agit en fait d’une vue de la place Lapalud, aux extrémités opposées de laquelle se trouvent effectivement la Poste et  le pont Houphouët-Boigny. Construite en 1957, cette place est inaugurée le 15 mars 1958 en même temps que le pont qu’elle prolonge. En forme d’hémicycle, elle constitue la pointe sud de la presqu’île lagunaire du Plateau. Elle porte en son centre un monument emblématique, constitué d'une colonne verticale en dessous de laquelle se trouve la statue d'une femme portant sur sa tête un panier rempli de feuilles. La légende veut qu’une femme rencontrée un jour en ce lieu soit à l’origine du nom de l’actuelle capitale économique de la Côte d’Ivoire. Ainsi, au XVIIIème siècle, des français, venus reconnaître l’endroit, croisèrent là une femme rentrant de la cueillette. Tandis qu’ils lui demandaient d’où elle venait, elle répondit « t'chan m'bi djan », ce qui signifie « j'étais allé couper des feuilles » en Ebrié. Transcrit phonétiquement, ce que les explorateurs avaient pris pour le nom du lieu, devait rester. La place, qui portait le nom de Maurice-Pierre Lapalud, gouverneur de la Côte d’Ivoire entre 1925 et 1930, fut rebaptisée en 1961 place de la République.
  • Abidjan, entrée du pont de Treichville. - Cet ouvrage un peu primitif - un pont flottant -, édifié en 1931, occupait approximativement l’emplacement de l’actuel pont Houphouët Boigny. Franchissant la lagune Ebrié, il reliait le quartier du Plateau, au nord, au quartier de Treichville au sud. Il fut détruit en 1957, pour céder la place au nouveau pont. Celui-ci, construit en béton précontraint sur des pieux profonds, comporte 8 travées pour une portée totale de 372 mètres. A la fin des années 1960, un autre pont, nommé pont Charles De Gaule fut édifié selon les mêmes techniques, à quelques centaines de mètres à l’est du pont Houphouët-Boigny, pour absorber une partie du trafic automobile en plein essor. Ce nouvel édifice, long de 592 mètres, est d’ailleurs dévolu à l’usage routier. Aujourd’hui, on annonce la construction prochaine d’un troisième pont sur la lagune Ebrié. Le nouvel ouvrage, qui portera le nom de l’actuel président de la république ivoirienne – au pouvoir depuis 2000 et maintenu dans ses fonctions par des accords internationaux en attendant que la situation militaire et politique permette l’organisation de nouvelles élections présidentielles –, reliera le quartier de Yopougon à l’île Boulay. Jusqu’à présent isolée, celle-ci constitue une vaste étendue proche du centre ville, disponible pour l’extension. Elle devrait accueillir de nouvelles infrastructures portuaires, une zone franche industrielle et commerciale, et un quartier d’affaires. Trois consortiums, un français, un italien et un allemand, sont en lice pour obtenir le chantier de ce pont.
  • Travail de l’acajou dans la brousse. – « Je mets à profit mon désœuvrement pour aller visiter une exploitation forestière. [...] Le lendemain Landy [le chef de chantier] m’emmène sur le chantier à quelque huit ou dix kilomètres de sa cabane. Nous y allons en pirogue, menés par quatre pagayeurs qui rament en chantant d’une petite voix de tête. A partir de la rivière, des chemins de roulement accèdent au chantier. Sure des rondins transversaux, les grumes, marquées, numérotées, sont halées et jetées à l’eau. Le courant les emportent jusqu’à la lagune d’om un remorqueur les diriges vers les scieries ou les ports d’embarquement. Les hommes tirent une bille d’acajou. Ils sont là trente nègres, trente colosses musclés, ruisselants, de sueur et de pluie, attelés à des cordes. Le capitan qui dirige la manœuvre, un nègre évolué reconnaissable à son vieux casque colonial et à ses bagues d’aluminium, scande leur effort. Tous chantent, comme chantent dans tous les pays d’Afrique les noirs qui travaillent ». Source : Soubrier, Jacques, Savanes et Forêts, Paris, J. Susse, 1944.
  • Grand Lahou, le marché. – « On est surpris en mettant le pied en Côte d’Ivoire de croiser des indigènes drapés avec dignité dans de véritables toges à la mode romaine, un bras et une épaule laissés libres. Ici, même le coloris du tissu offre de plus grandes variétés [que chez les Ouolofs, les Mandingues, les Mossis et les Foulahs qui affectionnent les boubous blancs] ; teinte unie ou larges rayures, dessins d’animaux et de fleurs, mais jamais de damiers. » Source : Bozon, L., Despoins, J., Lacharrière de, L., Leyritz, A., Marquis-Sébie, D., Cécile de Multhedo, Mme, Rectenwald, G., Reste, J-F., Le domaine colonial français, Paris, Editions du Cygne, 1929.
  • Marché à la Côte d’Ivoire. – « Des petites transactions commerciales ont lieu entre indigènes sur les marchés d’importance variable, par colporteurs et par caravaniers. Elles portent principalement sur des produits du cru. La monnaie française a seule cours légal. Lors de l’occupation, l’autochtone se servait de monnaies locales. C’était, dans le Ouorodougou et en pays Gouro, le sombé, qui est un morceau de fer forgé. En forêt et jusqu’à la côte, la manille, anneau de bronze, légèrement ouvert, du poids de 145 grammes correspondait à la valeur de 20 centimes. Dans le haut et moyen Comoé notamment, la poudre d’or servait de monnaie. Dans le nord, les cauris, petits coquillages en provenance de Ceylan, restent encore en usage ; mais cette monnaie tend elle-même à disparaître ». Source : Joseph, Gaston, Côte d’Ivoire, Paris, Anthème Fayard, 1944.
  • Abidjan, Hôtel du Gouvernement. – Ce palais rococo se dressait à l’emplacement de l’actuelle Présidence de la Côte d’Ivoire. Symbole du pouvoir colonial, il fut démoli après l’indépendance et remplacé par un bâtiment sans grand caractère. Sa construction avait été envisagée dès 1924, et pour la première fois on avait confié le projet à un cabinet d’architectes, Jaussely et Olivier qui était spécialisé dans l’architecture coloniale. Précédemment, la réalisation de tous les édifices officiels de Côte d’Ivoire était assurée par les Travaux Publics, un service de l’administration coloniale. Ce premier recours à une signature architecturale correspond à un revirement dans la politique antérieure du moins coûtant, tandis que cette colonie ne cesse de prospérer. Le chantier ne fut effectivement entamé qu’en 1931. Il avait finalement était confié à l’architecte Baudouin qui résidait à Abidjan. La construction, qui dura deux ans, ouvrait l’ère des grands travaux préparant le transfert de la capitale à Abidjan – elle se trouvait précédemment à Bingerville - en 1933. La richesse des décorations et installations du palais étaient alors inédite en Côte d’Ivoire.
  • Embarquement de billes d’acajou. - « On parlait aujourd’hui des bois de la Côte d’Ivoire et l’on déplorait que les ébénistes français se servissent si peu des produits de nos colonies. Je citai Sue et Mare me disant que, quand ils avaient acheté en France une certaine qualité de bois exotiques, ils n’étaient jamais sûrs de retrouver ensuite la même, tant nos marchands en gros achètent à tort et à travers, au hasard des marchés. […] La baisse du franc du franc a mis nos acajous à des pris si peu élevés que plusieurs maisons américaines se sont installées à Grand-Bassam. Elles envoient nos bois précieux aux Etats-Unis d’où ils nous reviennent en France sous le nom d’acajou d’Amérique ». Source : Morand, Paul, A.O.F. de Paris à Tombouctou, Paris, Flammarion, 1928.
  • Abidjan, un coin de la rue du commerce. - Le quartier commercial historique d’Abidjan est implanté dans la moitié est du Plateau. Mais l’euphorie économique des deux premières décennies d’indépendance a laissé peu de traces des anciennes maisons de commerce. Aux pieds des tours modernes, qui ont poussé comme des champignons dans les années 1970-1980, subsistent aujourd’hui quelques bureaux, magasins et entrepôts qui sont les rares témoins de l’activité commerciale du début du XXème siècle.
  • Chemin de fer. Travaux du pont du N’Zi (kilom. 181) – Les travaux du chemin de fer « Abidjan-Niger » débutent en 1904. En 1909, le N’zi, une rivière, constitue la dernière grosse difficulté de la partie équatoriale du tracé ferroviaire ; il est franchi grâce à un viaduc de 255 mètres de long. L’ouvrage et la gare de Dimbokro sont inaugurés le 11 septembre 1910, par le gouverneur général Angoulevant. La gare de Dimbokro reste le terminus du premier tronçon exploité, long de 181 km, jusqu’à l’ouverture en 1912 d’un nouveau tronçon de 135 km menant à Bouaké. Puis, entre 1919 et 1923, les 55 km séparant Bouaké de Katiola sont couverts. Entre 1924 et 1929 le tronçon Katiola-Ferkéssédougou, long de 187 km, est construit ; les 238 km supplémentaires, permettant de rallier Bobo-Dioulasso, sont achevés en 1932. La jonction ferroviaire entre Abidjan et Ouagadougou est réalisée en 1954. Enfin, du temps de la révolution Burkinabè (1983-1987), un réel effort populaire permet la construction d’un tronçon supplémentaire d’une centaine de kilomètres jusqu’à Kaya, à l’instigation de Thomas Sankara lui-même. Ce dernier tronçon n’a jamais été exploité. L’ambition était de joindre le gisement de manganèse de Tambao, à 200 km au nord de Kaya, sur lequel le pays fondait alors beaucoup d’espoirs.
  • Sur le fleuve Comoé, en pirogue dans les rapides. – « Je dois dire brièvement, ce qu’était alors la colonie [de Côte d’Ivoire]. Cette contrée, qui s’étend entre la République du Libéria et la colonie de la Gold-Coast, est une longueur de plus de 500 kilomètres, n’est devenue colonie qu’en 1893, et son premier gouverneur fut M. Binger. Dans l’intérieur, il n’y avait que deux postes administratifs : Bettié, sur la Comoé et Tissalé sur le Bandama. [...] Je ne restai que peu de jours à Bassam et par la lagune, je gagnai Lahou, où on me fournit trois pirogues pour moi et mon personnel » (1). – Carte postale expédiée de Bingerville le 15 juin 1906, à destination de Fraisans dans le Jura. Source : (1) Correspondance d’Albert Nebout (1862-1940), rassemblée et publiée dans Nebout, Albert, Passions Africaines, Genève, Editions Eboris, 1995.
  • Exploitation du bois de l’acajou, un chargement. – « J’allais chez les coupeurs de bois. [...] le recrutement de la main d’œuvre se maquignonnait par ici. Pour le chemin de fer et les travaux de l’Etat, le recrutement est officiel ; il n’est que toléré pour les coupeurs de bois. [...] Les administrateurs sont divisés [...] – Moi je suis contre. Cette année, malgré les ordres, je n’ai donné aucun homme pour la forêt. C’est l’esclavage, ni plus ni moins. Je refuse de faire le négrier. [...] L’administrateur est-il rébarbatif ? Cela provoque des scènes tragiques dans des résidences de brousse. – Je vous ferai déplacer ! crie le coupeur. – Sortez de chez moi ! réponds le commandant. J’assistais à l’une de ces rencontres. Un chef noir était présent. – Ecoute , ma commandante, disait-il, le 1er janvier, j’ai payé ton impôt. Tu m’as dit “Plante du cacao. ” J’ai plante du cacao. Tu vois qu’on t’obéit. Si tu me dis “Envoie des hommes tirer les billes pour monsieur le coupeur de bois”, je t’enverrai les hommes, parce que je sais que tu peux me faire du mal. Mais les hommes y en a criver.  – On  pourrait peut être remplacer les hommes par des tracteurs ? dis-je. – C’est vous qui me donnerez l’argent pour acheter les tracteurs ? [...] Les capitaux se défient des affaires coloniales, et le Français, dans ses plus riches mines d’or, travaille encore à la petite semaine ! L’Anglais a tout, les Belges ont tout ; nous n’avons nous que le moteur à foutou (le nègre) ! » Source : Londres, Albert, Terre d’ébène, Paris, Albin Michel, 1929.
  • Le 1er mai en Afrique Noire. – Carte postale au recto entièrement pré-imprimé (destinataire et texte), adressée à l’Union des syndicats CGT de la Côte d’Ivoire, BP 26, Abidjan (Côte d’Ivoire). Le texte imprimé disait ceci : « Chers camarades, Nous connaissons vos dures conditions de vie et notamment que la plupart des salariés de votre pays ne gagnent même pas 20 francs de l’heure alors que la vie est aussi chère chez vous qu’en France. Nous savons que les colonialistes veulent rétablir le travail forcé et que la répression est implacable. Des travailleurs sont massacrés ou arrêtés et certains comme Zoro BITRA sont en prison depuis 1950. Nous sommes solidaires de votre combat et nous soutenons vos revendications. Non seulement nous sommes des frères, mais vos patrons sont également les nôtres. M. LEMAIGNEN par exemple, grand patron de la SOCOPAO d’Abidjan, est aussi le grand patron des dockers du Havre, de Nantes, de Bordeaux, etc. et son beau père , le Baron de Nervo exploite des milliers d’ouvriers sidérurgistes (Fonderies de Pontgibaud et des Aciéries de Denain et Anzin). Nous sommes heureux de participer à la venue d’un délégué de votre pays au 30ème congrès de la CGT qui PERMETTRA à tous les travailleurs de faire de nouveaux pas en avant vers le bien-être et la liberté. Recevez , Chers Camarades, nos salutations fraternelle ». - Le 30ème congrès de la CGT a eu lieu en 1952. Jacques Zoro Bi-Tra était un militant du PDCI-RDA.  Les incidents entourant son arrestation à Bouaflé devaient conduire à l’assassinat, dans la nuit du 28 janvier 1950, du sénateur de Côte d’Ivoire Victor Biaka Boda venu le soutenir. Robert Lemaignen, qui était président-directeur général de la SCAC (Société commerciale d’affrètement et de combustibles), une puissante entreprise chargée de l’approvisionnement en charbon des ports français, considérait sa filiale la SOCOPAO (Société commerciale des ports de l’Afrique occidentale) comme sa « danseuse ». Le goût pour l’Afrique de ce grand patron membre du CNPF devait prendre de multiples formes. Ainsi, il fut co-auteur avec Léopold Sédar Senghor d’un essai sur la Communauté impériale française, en 1944. Plus tard, entre 1958 et 1962, il devint le premier commissaire européen en charge de l’aide au développement. Il faut noter que ce commissariat devait avoir une certaine importance pour la France, puisqu’il est le seul, avec celui de l’économie et des finances, qu’elle ait revendiqué d’emblée. – La manifestation des travailleurs représentée, si elle se déroule indéniablement en Afrique Noire, n’a pas forcément eu lieu en Côte d’Ivoire. Les vêtements portés par les manifestants évoquent peut être plutôt des tenues sahéliennes...
  • Abidjan, la rue du Commerce. – Le quartier commercial historique d’Abidjan est implanté dans la moitié est du Plateau. Mais l’euphorie économique des deux premières décennies d’indépendance a laissé peu de traces des anciennes maisons de commerce. Aux pieds des tours modernes, qui ont poussé comme des champignons dans les années 1970-1980, subsistent aujourd’hui quelques bureaux, magasins et entrepôts qui sont les rares témoins de l’activité commerciale du début du XXème siècle.
  • Abidjan, la rue du Commerce. – Le quartier commercial historique d’Abidjan est implanté dans la moitié est du Plateau. Mais l’euphorie économique des deux premières décennies d’indépendance a laissé peu de traces des anciennes maisons de commerce. Aux pieds des tours modernes, qui ont poussé comme des champignons dans les années 1970-1980, subsistent aujourd’hui quelques bureaux, magasins et entrepôts qui sont les rares témoins de l’activité commerciale du début du XXème siècle.
  • Grand-Bassam, factorerie. – Le commerce de traite, qui prévaut dans le système colonial, consiste à échanger des marchandises manufacturées occidentales contre des matières premières tropicales, lesquelles sont ensuite revendues sur le marché métropolitain. Selon les époques et les lieux, ces échanges utilisent la monnaie, ou s’en affranchissent. La factorerie est la base locale de ce négoce. La première factorerie de Côte d’Ivoire aurait été créée en 1863 par le rochelais Arthur Verdier, à Assinie, où résidait alors le représentant de la France. Le peu d’empressement des grandes compagnies commerciales à développer leur réseau en Côte d’Ivoire, laissa la place à de petits commerçants qui maillèrent progressivement le territoire. A partir de 1858, les négociants étrangers furent d’ailleurs autorisés à s’installer dans les comptoirs français. La factorerie à proprement parler (on ne voit ici que le débarcadère) n’est bâtie en dur que lorsqu’elle s’est avérée viable commercialement, disposant d’un réseau de sous-factoreries dans l’intérieur du pays. La construction comprend alors un solide rez-de-chaussée, pour protéger le stock, aux épais murs de maçonnerie de pierre ou de briques importées, et avec de petites ouvertures à barreaux. L’habitation du traitant est aménagée à l’étage, dans un bâti plus léger, et entourée d’une galerie.
  • Abidjan, l’Hôtel du Parc – L’hôtel du Parc est l’ancien hôtel Bardon, agrandi dans les années 1940. Il est, dit-on à l’époque, le premier hôtel climatisé d’Afrique de l’Ouest. Il est situé sur le  boulevard Antonetti. Raphaël Valentin Marius Antonetti (1872 - 1938) fut gouverneur de la Côte d’Ivoire entre janvier 1918 et avril 1924.
  • Tam-Tam à Assikasso (cercle de l’Indénié). – « Bondoukou, 1903. Je suis venu à Bondoukou par l’Indénié et Assikasso. Ce dernier poste est devenu célèbre  par le siège de 1898. Ce petit hurluberlu de Le Filliatre y fut assiégé pendant plusieurs semaines et Clozel, qui administrait alors l’Indénié, voulant débloquer Assikasso, fut blessé dans une embuscade. » Source : Correspondance d’Albert Nebout (1862-1940), rassemblée et publiée dans Nebout, Albert, Passions Africaines, Genève, Editions Eboris, 1995.
  • Bondoukou, vue de la ville – « Bondoukou, octobre 1903.  Je suis venu à Bondoukou par l’Indénié et Assikasso. […] Bondoukou est dans la région des savanes. Le poste est situé à flanc de coteau, tout près de la ville. Plusieurs avenues bordées de flamboyants convergent vers la résidence, bâtiment en pisé composé de quatre pièces séparées par une grande salle. Bondoukou est une ville soudanaise, aux maisons en pisé, à toits plats. La population, de race Mandé-Dioula, est dirigée par un Almany, cher religieux et temporel de la ville. Les autochtones sont les Koulangos, envahis et conquis par les Abrons (sous Louis XIII) venus de la Gold-Coast. […]  Oui, vraiment, Bondoukou est un cercle agréable… ». Source : Correspondance d’Albert Nebout (1862-1940), rassemblée et publiée dans Nebout, Albert, Passions Africaines, Genève, Editions Eboris, 1995.
  • Chapelle de Guiglo. – « Guiglo, petit poste militaire, groupé en pleine forêt, au bord du N’Zo, ses quelques paillotes indigènes et les cases administratives du capitaine, du médecin et des  sous-officiers. Nous sommes loin du temps où les fonctionnaires coloniaux passaient plus ou moins pour des têtes brûlées. Le frigidaire, la T.S.F., les routes, les lettres-avion ont tout changé. Beaucoup sont mariés ; la présence des femmes a transformé leur vie, refoulé le cafard, l’alcoolisme et d’autres faiblesses ». Source (Image et texte) : Soubrier, J., Savanes et forêts, éditions J. Susse, Paris, 1944.
  • Viaduc du N’zi, montage de la 6ème travée. –  Les travaux du chemin de fer « Abidjan-Niger » débutent en 1904. En 1909, le N’zi, une rivière, constitue la dernière grosse difficulté de la partie équatoriale du tracé ferroviaire ; il est franchi grâce à un viaduc de 255 mètres de long. L’ouvrage et la gare de Dimbokro sont inaugurés le 11 septembre 1910, par le gouverneur général Angoulevant. La gare de Dimbokro reste le terminus du premier tronçon exploité, long de 181 km, jusqu’à l’ouverture en 1912 d’un nouveau tronçon de 135 km menant à Bouaké. Puis, entre 1919 et 1923, les 55 km séparant Bouaké de Katiola sont couverts. Entre 1924 et 1929 le tronçon Katiola-Ferkéssédougou, long de 187 km, est construit ; les 238 km supplémentaires, permettant de rallier Bobo-Dioulasso, sont achevés en 1932. La jonction ferroviaire entre Abidjan et Ouagadougou est réalisée en 1954. Enfin, du temps de la révolution Burkinabè (1983-1987), un réel effort populaire permet la construction d’un tronçon supplémentaire d’une centaine de kilomètres jusqu’à Kaya, à l’instigation de Thomas Sankara lui-même. Ce dernier tronçon n’a jamais été exploité.  L’ambition était de joindre le gisement de manganèse de Tambao, à 200 km au nord de Kaya, sur lequel le pays fondait alors beaucoup d’espoirs.
  • Village de Man. – « Nous entrons désormais dans la grande forêt, en route vers Man. Man était hier un des points les plus arriérés de l’Afrique occidentale française. On vient de terminer une nouvelle route qui met la ville à quarante-huit heures de Bamako. Demain c’en sera fait du mystère de la forêt, de l’anthropophagie et du règne des féticheurs. C’est la région des Dans, qui se disent descendus du ciel par une chaîne d’or. » Source : Morand, Paul, A.O.F. de Paris à Tombouctou, Paris, Flammarion, 1928.
  • Grand-Bassam, équarrissage de billes d’Acajou. - « On parlait aujourd’hui des bois de la Côte d’Ivoire et l’on déplorait que les ébénistes français se servissent si peu des produits de nos colonies. Je citai Sue et Mare me disant que, quand ils avaient acheté en France une certaine qualité de bois exotiques, ils n’étaient jamais sûrs de retrouver ensuite la même, tant nos marchands en gros achètent à tort et à travers, au hasard des marchés. […] La baisse du franc du franc a mis nos acajous à des pris si peu élevés que plusieurs maisons américaines se sont installées à Grand-Bassam. Elles envoient nos bois précieux aux Etats-Unis d’où ils nous reviennent en France sous le nom d’acajou d’Amérique ». Source : Morand, Paul, A.O.F. de Paris à Tombouctou, Paris, Flammarion, 1928.
  • Voyage du ministre des colonies à la Côte d’Afrique. Départ d’Abidjan en chemin de fer. - Il s’agit du déplacement de Raphaël Milliès-Lacroix, ministre des colonies dans le premier gouvernement Clemenceau, qui s’embarqua le 13 avril 1908 à Lisbonne sur un navire des Messageries Maritimes et visita successivement le Sénégal, la Guinée française, la Côte d’Ivoire et le Dahomey. Ce voyage, sous le signe de l’étude plus que du protocole (outre le ministre, la délégation ne comptait que deux collaborateurs), rencontra un chaleureux accueil des colons. Il fut couvert par le photographe Edmond Fortier de Dakar qui rejoignit la mission dès cette première escale.  Les travaux du chemin de fer « Abidjan-Niger » débutent en 1904. En 1909, la ligne rallie Dimbokro qui reste le terminus jusqu’à l’ouverture en 1912 d’un nouveau tronçon de 181 km, joignant Bouaké. Puis, entre 1919 et 1923, les 55 km séparant Bouaké de Katiola sont couverts. Entre 1924 et 1929 le tronçon Katiola-Ferkéssédougou, long de 187 km, est construit ; les 238 km supplémentaires, permettant de rallier Bobo-Dioulasso, sont achevés en 1932. La jonction ferroviaire entre Abidjan et Ouagadougou est réalisée en 1954. Enfin, du temps de la révolution Burkinabè, un réel effort populaire permet la construction d’un tronçon supplémentaire d’une centaine de kilomètres jusqu’à Kaya, à l’instigation de Thomas Sankara lui-même. Ce dernier tronçon n’a jamais été exploité. Ainsi, lorsque fut prise cette photo en 1908, le train n’allait pas au-delà du N’zi, une rivière proche de Dimbokro, qui sera franchie l’année suivante grâce à l’édification d’un imposant viaduc métallique. Et quand Marcel Paternot, l’auteur des lignes qui suivent et décrivent bien le train, l’emprunte peu avant la seconde guerre mondiale, le terminus est Bobo-Dioulasso. - « Il fait à peine jour que la gare [d’Abidjan], une construction bien quelconque qui rappelle le type standard des petites stations de la Métropole, est déjà très animée. Le train est rangé sur le quai et une foule d’indigènes aux pages multicolores s’agitent de toutes parts. Nous prenons place en seconde classe où nous trouvons déjà quelques noirs. Ça ne vaut pas nos voitures d’Europe, mais enfin c’est convenable, genre train départemental, compartiments ouverts sans porte sur le couloir latéral, petites plateformes en avant et en arrière » (1). Source : (1) Source : Paternot, Marcel, Lumière sur la Volta – Chez les Dagari, Lyon, Editions de la plus grande France, 1946.
  • Grand-Bassam, le wharf, vue prise de la rade. – « Nous passons devant Grand-Lahoue : quelques factoreries établies entre la lagune et la mer. Grand-Bassam a cependant un wharf, qui permet de débarquer en évitant la barre ; on nous l’ouvre par faveur, car il n’est pas encore « reçu » par le service des Travaux publics (le lecteur voudra bien se souvenir que nous sommes en 1900) » (1). –  Ce premier wharf, long de 177 m, est inauguré en 1901. En 1923 l’adjonction, toujours à Grand-Bassam, d’un nouveau wharf de 288 m, permet d’accroître de 140 000 t. la capacité annuelle du trafic maritime. En 1931, , un nouveau wharf situé à Port-Bouët est mis en service pour décongestionner les installations de Grand-Bassam. Plus proche d’Abidjan, celui-ci est supposé inciter les entreprises à se rapprocher de la capitale, dans laquelle le percement d’un canal entre océan et lagune doit permettre d’installer un port eau profonde. Le projet, qui remonte au début du XXème siècle et avait été abandonné au moment de la première guerre mondiale, voit finalement le jour avec l’ouverture du canal de Vridi en 1951, scellant l’abandon des wharfs. Source : (1) Gouraud, Gal, Zinder Tchad, Paris, Plon, 1944.
  • Côte d’Ivoire, divertissement d’indigènes. – « J’assiste à une curieuse représentation. Ce sont des hommes qu’on a fait venir d’un village voisin, qui jonglent et font mille tours avec des petites filles de cinq à six ans. Ces petites sont nues, avec une ceinture de perles de couleur et au front un diadème de pot de panthère et de coquillages. Au son des tambours, avec une violence rythmée, les hommes les empoignent, détendues, les dressent, raidies, les laissent tomber, se les passent autour du cou, font avec ces petits corps d’étranges moulinets, vous les jettent à la figure et les rattrapent par un pied,  au dernier moment. Ces actrices enfants se laissent faire avec indifférence ; leurs jeunes os sont flexibles comme du caoutchouc, et il n’y a aucune limite à leur souplesse » (1). Cette image fait partie du travail du célèbre photographe et éditeur dakarois Edmond Fortier (1862-1928) à qui l’on doit une somme importante de clichés sur toute l’Afrique de l’Ouest. M. Fortier tenait boutique non loin du marché Kermel, à l’angle de la rue Dagorne et du boulevard Pinet-Laprade. Source : (1) Morand, Paul, A.O.F. de Paris à Tombouctou, Paris, Flammarion, 1928.
  • Grand-Bassam, rue donnant sur l’embouchure du Comoé. – « La partie qui constituait le centre de la ville était recouverte d’une brousse presque impénétrable entrecoupée de marigots aux odeurs pestilentielles » (1) à propos de Grand-Bassam au début du XXème siècle. Source : (1) Gorju, P. J., La Côte d’Ivoire chrétienne, Lyon, Imprimerie Paquet, 1912.
  • Débarcadère d’une factorerie de lagune. – Le commerce de traite, qui prévaut dans le système colonial, consiste à échanger des marchandises manufacturées occidentales contre des matières premières tropicales, lesquelles sont ensuite revendues sur le marché métropolitain. Selon les époques et les lieux, ces échanges utilisent la monnaie, ou s’en affranchissent. La factorerie est la base locale de ce négoce. La première factorerie de Côte d’Ivoire aurait été créée en 1863 par le rochelais Arthur Verdier, à Assinie, où résidait alors le représentant de la France. Le peu d’empressement des grandes compagnies commerciales à développer leur réseau en Côte d’Ivoire, laissa la place à de petits commerçants qui maillèrent progressivement le territoire. A partir de 1858, les négociants étrangers furent d’ailleurs autorisés à s’installer dans les comptoirs français. La factorerie à proprement parler (on ne voit ici que le débarcadère) n’est bâtie en dur que lorsqu’elle s’est avérée viable commercialement, disposant d’un réseau de sous-factoreries dans l’intérieur du pays. La construction comprend alors un solide rez-de-chaussée, pour protéger le stock, aux épais murs de maçonnerie de pierre ou de briques importées, et avec de petites ouvertures à barreaux. L’habitation du traitant est aménagée à l’étage, dans un bâti plus léger, et entourée d’une galerie.
  • Grand-Bassam, le surf-boat a bondi au sommet de la barre. – Le débarquement acrobatique sur les côtes du golf de Guinée tel qu’il avait lieu avant la construction des wharfs. Le voilier que l’on aperçoit au second plan de l’image, est une  goélette qui servait de « salle d’attente » aux voyageurs arrivant. Déposés là par les paquebots, ils pouvaient avoir à passer plusieurs jours à bord, avant que ne se présente le moment propice pour franchir la barre. Le wharf de Grand-Bassam fut construit en 1897. La photo et le récit qui suit sont donc antérieurs. « Il y a trois jours, le paquebot venant de Marseille mouillait devant Grand-Bassam ; je m’imaginais être au terme de mes tribulations sur mer, je m’apprêtais à débarquer… une surprise m’attendait. D’un ton légèrement narquois le commandant du bord m’annonça que la barre était infranchissable… Jusqu’ici ne n’avais vu de barre qu’à l’embouchure des rivières. Dans le golfe de Guinée le phénomène se produit sur toute la côte et est dû à une disposition particulière du littoral. […] Ici la pente de la plage est très rapide : les lames qui s’y précipitent rencontrent presque un à-pic, et leur pied heurtent un obstacle, elles s’écoulent sur elles-mêmes, sapées dans leur base, cataractes et tourbillons qui écrasent sous leur masse et rejettent brisées à terre les barques assez téméraires pour vouloir passer. C’est la barre. […] Seul un wharf pourrait dompter les flots et s’avancer, victorieux, au-devant des paquebots ; mais à Grand-Bassam le wharf est encore à l’état de projet. Que deviennent les donc les passagers lorsque la barre est impraticable et que nulle embarcation n’ose l’affronter ? L’administration, toujours prévoyante, a résolu ce problème : en rade se balance une vieille goélette solidement ancrée au milieu des vagues, sorte de ponton qui assure un asile aux voyageurs en détresse. Trois matelots nègres et un patron également noir ont la garde du bord.» témoignage rapporté par le colonel Baratier (1). Source (1) Baratier, Col., A travers l’Afrique, Paris, Arthème Fayard, 1908.
  • Abidjan, le pont de Treichville. – Cet ouvrage un peu primitif, un pont flottant, avait été édifié en 1931, approximativement à l’emplacement de l’actuel pont Houphouët Boigny, lequel a été construit en 1957. Franchissant la lagune Ebrié, il reliait les quartiers du Plateau et de Treichville. Ces quartiers sont issus du déguerpissement de villages Tchaman (le nom original des occupants des lieux, rebaptisés Ebrié par le colonisateur, en empruntant un terme péjoratif employé par la communauté abouré de Grand Bassam). Ainsi, le village de Dugbeyo, situé au sud du Plateau, est déplacé de l’autre côté de la lagune à Anoumabo,
  • Abidjan, la Place Lapalud. – Construite en 1957, elle est inaugurée le 15 mars 1958 en même temps que le pont Houphouët Boigny qu’elle prolonge.  En forme d’hémicycle, elle constitue la pointe sud de la presqu’île lagunaire du Plateau. Elle porte en son centre un monument emblématique, constitué d'une colonne verticale en dessous de laquelle se trouve la statue d'une femme portant sur sa tête un panier rempli de feuilles. La légende veut qu’une femme rencontrée un jour en ce lieu soit à l’origine du nom de l’actuelle capitale économique de la Côte d’Ivoire. Ainsi, au XVIIIème  siècle, des français, venus reconnaître l’endroit, croisèrent là une femme rentrant de la cueillette. Tandis qu’ils lui demandaient d’où elle venait, elle répondit « t'chan m'bi djan », ce qui signifie « j'étais allé couper des feuilles » en Ebrié. Transcrit phonétiquement, ce que les explorateurs avaient pris pour le nom du lieu, devait rester. La place, qui portait le nom de Maurice-Pierre Lapalud, gouverneur de la Côte d’Ivoire entre 1925 et 1930, fut rebaptisée en 1961 place de la République. Le boulevard Antonétti, du nom du gouverneur colonial de 1918 à 1924, et que l’on voit sur cette photo monter vers l’intérieur du Plateau entre les bâtiments de la Poste et de la direction des douanes, devait quant à lui devenir boulevard de la République.
  • Voyage du Ministre des colonies à la Côte d'Afrique. Côte d’Ivoire, débarquement à Port-Bouët.  – Il s’agit du déplacement de Raphaël Milliès-Lacroix, ministre des colonies dans le premier gouvernement Clemenceau, qui s’embarqua le 13 avril 1908 à Lisbonne sur un navire des Messageries Maritimes et visita successivement le Sénégal, la Guinée française, la Côte d’Ivoire et le Dahomey. Ce voyage, sous le signe de l’étude plus que du protocole (outre le ministre, la délégation ne comptait que deux collaborateurs), rencontra un chaleureux accueil des colons. Il fut couvert par le photographe Edmond Fortier de Dakar qui rejoignit la mission dès cette première escale. Il semble que la localisation précise de cette photo soit inexacte. La légende situe cette scène datant de 1908, et qui se déroule sur un wharf portant en arrière plan une grue à vapeur, sur le wharf de Port-Bouët qui n’a été construit qu’en 1931. Il s’agit vraisemblablement du wharf de Grand Bassam, construit en 1897 et par lequel dut forcément débarquer le ministre.
  • Abidjan, le pont de Treichville. – Cet ouvrage un peu primitif, un pont flottant, avait été édifié en 1931, approximativement à l’emplacement de l’actuel pont Houphouët Boigny, lequel a été construit en 1957. Franchissant la lagune Ebrié, il reliait les quartiers du Plateau et de Treichville. Ces quartiers sont issus du déguerpissement de villages Tchaman (le nom original des occupants des lieux, rebaptisés Ebrié par le colonisateur, en empruntant un terme péjoratif employé par la communauté abouré de Grand Bassam). Ainsi, le village de Dugbeyo, situé au sud du Plateau, est déplacé de l’autre côté de la lagune à Anoumabo,
  • Grand-Bassam, le Tribunal. – Ce bâtiment fut construit en 1911, alors que la capitale de la colonie de Côte d’Ivoire avait déjà quitté Grand Bassam pour être transférée à Bingerville, suite aux épidémies de fièvre jaune qui avaient décimé la population de la ville côtière en 1863, 1898 et 1899. Il abritait le tribunal de première instance, et resta un haut lieu de justice jusqu'à ce qu’il soit remplacé, en 1954, par le palais de justice d’Abidjan flambant neuf. – « Le Parquet, le Tribunal, ainsi que les Câbles sous-marins, sont toujours installés à Bassam ». Source : Guid’AOF, Dakar, édition 1948.
  • Bois de la Côte d’Ivoire à Grand Bassam. – « On parlait aujourd’hui des bois de la Côte d’Ivoire et l’on déplorait que les ébénistes français se servissent si peu des produits de nos colonies. Je citai Sue et Mare me disant que, quand ils avaient acheté en France une certaine qualité de bois exotiques, ils n’étaient jamais sûrs de retrouver ensuite la même, tant nos marchands en gros achètent à tort et à travers, au hasard des marchés. […] La baisse du franc du franc a mis nos acajous à des pris si peu élevés que plusieurs maisons américaines se sont installées à Grand-Bassam. Elles envoient nos bois précieux aux Etats-Unis d’où ils nous reviennent en France sous le nom d’acajou d’Amérique ». Source : Morand, Paul, A.O.F. de Paris à Tombouctou, Paris, Flammarion, 1928.
  • Gare provisoire de Dimbokro, arrivée de trains. – Les travaux du chemin de fer « Abidjan-Niger » débutent en 1904. En 1909, le N’zi, une rivière, constitue la dernière grosse difficulté de la partie équatoriale du tracé ferroviaire ; il est franchi grâce à un viaduc de 255 mètres de long.  L’ouvrage et la gare de Dimbokro sont inaugurés le 11 septembre 1910, par le gouverneur général Angoulevant. La gare de Dimbokro reste le terminus du premier tronçon exploité, long de 181 km, jusqu’à l’ouverture en 1912 d’un nouveau tronçon de 135 km menant à Bouaké. Puis, entre 1919 et 1923, les 55 km séparant Bouaké de Katiola sont couverts. Entre 1924 et 1929 le tronçon Katiola-Ferkéssédougou, long de 187 km, est construit ; les 238 km supplémentaires, permettant de rallier Bobo-Dioulasso, sont achevés en 1932. La jonction ferroviaire entre Abidjan et Ouagadougou est réalisée en 1954.
  • Le Palais du Gouverneur à Bingerville. – Il a fallut sept ans, entre 1905 et 1912, pour construire ce bâtiment qui reste considéré comme un joyau de l’architecture coloniale en Côte d’Ivoire. Il doit son existence au déménagement de la capitale, qui quitte fin 1900  la ville littorale de Grand-Bassm dévastée par plusieurs épidémies successives de fièvre jaune et qu’on a fini par incendier partiellement pour raison sanitaire. L’administration coloniale s’installe alors dans un lieu plus aéré et considéré comme salubre, situé sur les collines qui surplombent la lagune Ebrié, le village d’Adjamé-Santey. Rebaptisée Bingerville, la localité doit son nom au premier gouverneur de la colonie, Louis Gustave Binger. Elle reste la capitale de Côte d’Ivoire jusqu’en 1934 où elle cède ce rôle à la ville d’Abidjan, qui le cèdera à son tour à celle de Yamoussoukro en 1983. Le palais du gouverneur de Bingerville est maintenant un orphelinat de garçons.
  • Sciage des bois à Orno. – « A partir de la rivière, des chemins de roulement accèdent au chantier. Sure des rondins transversaux, les grumes, marquées, numérotées, sont halées et jetées à l’eau. Le courant les emportent jusqu’à la lagune d’om un remorqueur les diriges vers les scieries ou les ports d’embarquement. Les hommes tirent une bille d’acajou. Ils sont là trente nègres, trente colosses musclés, ruisselants, de sueur et de pluie, attelés à des cordes. Le capitan qui dirige la manœuvre, un nègre évolué reconnaissable à son vieux casque colonial et à ses bagues d’aluminium, scande leur effort. Tous chantent, comme chantent dans tous les pays d’Afrique les noirs qui travaillent ». Source : Soubrier, Jacques, Savanes et Forêts, Paris, J. Susse, 1944.
  • Tableau de chasse. J. Soubrier et Dickner devant l’éléphant mort. Par derrière les boys : Keïdroun, Benouré, Kola, Ouleï et Zam. – « A la fin de l’après midi tout est prêt. On coupe d’abord la trompe, qui pèse à elle seule plus de cent kilos, puis on enlève précieusement autour du cœur l a graisse destinée à la cuisine. Et alors la curée commence. Les nègres hurlent, taillent avec frénésie dans l’énorme masse rouge qui retentit de coups sourds. Les enfants portent sur la tête des quartiers de viande saignants qui dégoulinent sur leur poitrine et leur dos. Dans l’ivresse de cette boucherie les coups de machette frappent à tort et à travers. Plusieurs hommes ont déjà d’horribles plaies aux jambes » (1). « Partis à cinq heures du matin de Man, nous déjeunons à Bonaflé, grand centre de chasse, capitale de la redoutable race des Gouros. Mes amis P…, l’an dernier, ont tué ici, en huit jours, un éléphant, deux buffles, un hippopotame et des biches. Je vois tout un lot de défenses, dont certaines dépassent deux mètres, qui vont être vendues aux enchères par les Domaines. Lorsque les éléphants détruisent leurs plantations, les indigènes les capturent dans des trappes ; mais ils n’ont droit qu’à la viande et les défenses reviennent à la colonie. Ces défenses valent une vingtaine de mille francs. Un chasseur Blanc, qui a de la chance, peut, avec deux ou trois éléphants, payer son voyage » (2). Sources : (1) Soubrier, Jacques, Savanes et Forêts, Paris, J. Susse, 1944. (2) Morand, Paul, A.O.F. de Paris à Tombouctou, Paris, Flammarion, 1928.
  • Le chef de la révolte du Ba-Oulé. -  Les Baoulés, venus de l’actuel Ghana, se fixent dans le centre de la Côte d’Ivoire au XVIII ème siècle. Résistant à l’emprise coloniale française qui s’étend depuis la côte vers l’intérieur du pays, les Baoulés sont en insurrection de 1881 à 1902. Le capitaine Marchand en vient à bout, « terrifiant les indigènes pas la rapidité de ses marches, la soudaineté de ses attaques, s’engouffrant en pleine nuit dans les tunnels de la forêt vierge, tombant au nord quand on l’attendait au sud, surprenant les guerriers en plein palabre, les dispersant, les poursuivant, semant partout une terreur superstitieuse. » Le pays lui donne le surnom, ou lui décerne le titre, de Paquébo (l’ouvreur de route) après qu’il ait pris Thiassalé, l’inviolée porte du Ba-Oulé sur laquelle s’étaient brisées toutes les précédentes entreprises pour asseoir la domination de la France sur la région. Un an après, au lendemain même de passage de l’expédition Baratier, le Ba-Oulé s’embrase à nouveau, les postes sont attaqués et massacrés. Les troubles épisodiques perdurent dans la région jusqu’en 1915. Photo colonel Plé. Source : Baratier, Col., A travers l’Afrique, Paris, Arthème Fayard, 1908.
  • Aboisso, visite du médecin. – Carte postée en 1909. Aboisso est un chef-lieu de subdivision du cercle de Grand-Bassam. En 1948, Aboisso compte une population de 42 Européens, 7 Libano-Syriens et 1794 Africains. On y trouve des services administratifs : une résidence, un poste médical, une école régionale, un poste de police, un tribunal, une poste… Le commerce y est exercé par CFCI, SCOA, CFAO, Africaine Française, CICA, CAID, MM Laurent Albert, Nahas Alfred, Ganamet Albert, Vettiner, Hahmann, Simon, Akil Borro, Elias Hallassou, Berrou Jamil, Khalil, Wahib, Jacob Wilson, Eugène Aiwa, Kétouré Mamadou, Magatte Wade, Ekué Victoir, Bile Archer, Ahuit Benoît, Jean Kadio, Samba Guèye, Robert Assale, Yankey John Benjamin, Kouablain Angui, Anot Fano, Yakoro Diakité, Eloye Fato, Jean Kouame, Moularé André, Aka Tano, Mme Aka Attoua, Ignace Aye. Source : Guid’AOF 1948.
  • Grand-Bassam, le Cercle de l'Union. Ce bâtiment construit en 1910 était un lieu de détente pour les privilégiés, riches commerçants syriens et libanais, Européens et quelques Africains particulièrement nantis. C’est aujourd’hui un centre de céramique.
  • Grand-Bassam, le courrier « Asie » sur rade. – Ce navire, de 9 058 tonnes, 7 500 chevaux et 139,10 x 17,06 mètres, entre en service en 1914. Il est utilisé comme navire hôpital et transport de troupes pendant la première guerre mondiale, avant de faire les lignes de la côte africaine pour la compagnie des Chargeurs Réunis. Il connais plusieurs avaries, accidents, échouages et incendies : en sortant de la Gironde en 1920, dans le port de Dakar en 1925, près de Matadi (Congo) en 1927… Il est saisi par l’armée italienne en 1942, par les Allemands en 1943 qui le remettent aux Italiens pour lesquels il navigue sous le nom de « Rossano » avant d’être coulé en 1944 par un bombardement allié du port de Gênes. Renfloué, il finit sa carrière en chavirant dans le port après incendie.  - Tant que le port d’Abidjan n’est pas installé en lagune Ebrié par le percement du canal de Vridi achevé en 1950, les navires utilisent la rade foraine et les wharfs de Grand Bassam et Port Bouet.
  • Abidjan, la Douane.
  • Construction d'une école professionnelle à Abidjan.
  • Abidjan, SCOA et PARISCOA – La SCOA (Société commerciale de l’Ouest Africain) lance une chaîne de vente au détail en association avec Prisunic sous le nom de Pariscoa et dont le premier magasin est celui d’Abidjan, ouvert en 1952. En association avec la société Printemps, la SCOA lance le « Printania » à Dakar en 1952.
  • Cour de la Cie F. A. O. à Grand-Bassam – La CFAO (Compagnie française de l’Afrique Occidentale), fondée en 1888 et qui fait aujourd’hui partie du groupe Pinault, s’installe en 1902 à Grand-Bassam. Grand-Bassam n’est pourtant plus la capitale de la colonie. Une épidémie de fièvre jaune, qui a tué 75 % de la population de Grand-Bassam en quelques semaines en 1900, a entraîné son déplacement sur le site plus sain de Bingerville.
  • Abidjan, postée le 25.06.1965
  • Abidjan, Palais de Justice – Il doit s’agir du bâtiment qui a remplacé en 1954 l’ancien Palais de Justice construit en 1911 à Grand-Bassam.
  • Abidjan, boulevard Lagunaire - quartier du Commerce
  • Abidjan, une vue de la Lagune
  • Abidjan, la place Lapalude et le pont Houphouët-boigny – Le pont a été bâti en 1957, la place deviendra Place de l’indépendance.
  • Abidjan, vue générale
  • Abidjan, vue sur le boulevard Antonetti – Ce boulevard porte le nom de Raphaël Valentin Marius Antonetti (1872 - 1938) qui fut gouverneur de la Côte d’Ivoire entre janvier 1918 et  avril 1924.
  • Abidjan, vue aérienne de la Presqu'Île
  • Abidjan, la place du marché
  • Côte d'Ivoire, acajou transporté
  • Abidjan, le wharf de Grand-Bassam – Un premier wharf long de 177 m est inauguré à Grand-Bassam en 1901, dispositif renforcé par l’adjonction en 1923 d’un nouveau wharf de 288 m, d’une capacité annuelle de 140 000 t. En 1931, pour décongestionner les installations de Grand-Bassam, un nouveau wharf situé à Port-Bouët est mis en service. Plus proche d’Abidjan, celui-ci est supposé inciter les entreprises à se rapprocher de la capitale, dans laquelle le percement d’un canal entre océan et lagune doit permettre d’installer un port eau profonde. Le projet, qui remonte au début du XXème  siècle et avait été abandonné au moment de la première guerre mondiale, voit finalement le jour avec l’ouverture du canal de Vridi en 1951, scellant l’abandon des wharfs.
  • Abidjan, arrivée du
  • Sassandra, pont Général Weygand – Carte postale édité à Nice pour la librairie F. Merthy à Sassandra, peu après l’indépendance de la Côte d’Ivoire.
  • Sassandra, plage de Batélébré
  • Côte d'Ivoire, bords de la Lagune – Carte postée en 1925 vers le Gers
  • Wharf et Sassandra – Le wharf est mis en service en 1951et remplacé par le port de San Pédro en 1971. Il existait antérieurement un wharf destiné à l’embarquement des bananes, au N-N-W de la jetée. (Instructions nautiques Côtes Ouest d’Afrique n°414, services hydrographique de la Marine, Paris, 1943). Pour les navires relâchant à Sassandra, ce même manuel signale que l’on peut s’y procurer des bœufs, des moutons de la volaille et des fruits. - Carte postale édité par la librairie F. Merthy à Sassandra, peu après l’indépendance de la Côte d’Ivoire.
  • Sassandra, un coin du camp des Gardes.
  • Sassandra, plage de Lotéko
  • Sassandra, église Saint-André
  • Le Bandama à Broubrou
  • Un tracteur Panhard et son équipe au pied d'un fromager
  • Un beau coup de fusil (Côte d'Ivoire)
  • Un hippopotame tué sur les bords du N'zy – Il s’agit apparemment du fleuve N’zi mal orthographié sur cette carte postale.
  • Une équipe de piroguiers
  • Côte d'Ivoire, le chemin de fer à travers la forêt vierge, travaux de déboisement pour l'établissement de la voie – Les travaux du chemin de fer « Abidjan-Niger » débutent en 1904.  Le fleuve N’z,i la dernière grosse difficulté de la partie équatoriale du tracé ferroviaire, est franchi en 1909.
  • Côte d'Ivoire, Tam Tam Krooboy
  • Abidjan, vue sur la place de l'Indépendance, au loin Treichville – Il s’agit de l’ancienne place Lapalude, renommée après l’indépendance justement.
  • Abidjan, la librairie de France.
  • Abidjan, le wharf de Bassam
  • Dimbokro, passage sur le N'zi – Les travaux du chemin de fer « Abidjan-Niger » débutent en 1904. En 1909, le N’zi constitue la dernière grosse difficulté de la partie équatoriale du tracé ferroviaire ; il est franchi grâce à un viaduc de 255 mètres de long. Le viaduc du N'zi et la gare de Dimbokro sont inaugurés le 11 septembre 1910, par le gouverneur général Angoulevant.
  • Abidjan, l'avenue de la Résidence
  • Côte d'Ivoire, flottage de bois d'acajou
  • Koug, fils d'un chef  - Il s'agit vraisemblablement de la ville de Kong dans le nord de le Côte d'Ivoire, région qui fut administrativement rattachée à la colonie de Haute Volta sous l'appellation globale de Haute Côte d'Ivoire entre 1932 et 1947.
  • Dabou, quartier indigène - Dabou est un chef-lieu de subdivision du cercle d'Abidjan qui compte, en 1948, 4296 habitants. Dabou dispose d'une poste, du télégraphe, du téléphone, d'un médecin africain, d'un dispensaire et d'un garage où il est possible de réparer les automobiles. Il y a trois entreprises commerciales qui sont Dubosi, Prétureau (transport) et Tschirren (transport). L'industrie repose sur l'UTP (Plantation-usine de traitement palmiste) et la Société commerciale et agricole de l'Agneby (briquetterie). Le seul planteur répertorié alors est Nguessan Clément (Jacqueville).
  • Environs de Mars - Il s'agit vraissemblableemnt de Man - Carte postale écrite en 1957
  • Chemin de fer de Bingreville à Bouaké – Les travaux de la ligne de chemin de fer « Abidnan-Niger » sont entamés en 1904. L’exploitation régulière commence en 1907, mais ne va que de la lagune à l’Agnéby. Il faut attendre 1912 pour que le service aille jusqu’à Bouaké (point kilométrique 345). C’est le gouverneur général de l’AOF d’alors, William Ponty, qui vient en inaugurer la gare, le 15 mars. Bouaké reste le terminus de la ligne jusqu’en 1923.
  • Agboville, Abengourou - Les Rochers d´Aniassué – Les localités d’Agboville et d’Abengourou sont distantes de 150 km. C’est le chemin qu’empruntent les camions transportant le cacao destiné à l’exportation.
  • Agnibilékro, la SCOA.
  • Bondoukou, Danse de kourouby - La danse du Kourouby est une fête qui marque la fin du mois sacré du Ramadhan dans la religion musulmane. On la célèbre la nuit du destin ou le jour du Laïlat ul kadr.
  • RCI26.rec
  • Mise à terre d'une bille d'acajou
  • Abidjan, le bac
  • Abengourou, traite du cacao, le transport – En 1948, le cercle d’Abengourou produit 6800 t. de cacao.
  • Abidjan, entrée du Camp Gallieni – L’emplacement correspond à celui de l’actuel Palais de Justice.
  • Abidjan, vue aérienne
  • Abidjan, boulevard Antonetti, Hôtel du Parc – Ce boulevard porte le nom de Raphaël Valentin Marius Antonetti (1872 - 1938) qui fut gouverneur de la Côte d’Ivoire entre janvier 1918 et  avril 1924. L’hôtel du Parc est l’ancien hôtel Bardon, agrandit dans les années 1940. Il est le premier hôtel climatisé d’Afrique francophone.
  • Abidjan, nouvelle Chambre de Commerce – « La Chambre de Commerce compte actuellement [en 1948] 18 membres titulaires. Son but principal est de défendre et soutenir les intérêts commerciaux, de participer, dans la mesure de ses moyens, au développement économique de la Colonie et apporter sa collaboration dans l’exécution des projets du Gouvernement local, solidairement liés à ceux du commerce ; son but secondaire est de servir de liaison entre l’Administration locale et ses membres : commerçants, exportateurs et importateurs. » Guid’AOF, édition 1948
  • Appontement d'Abidjan (avant 1904) – Abidjan dispose, dès le début du XXème siècle d’une liaison fluviale lagunaire hebdomadaire avec Grand-Lahou.
  • La Lagune à Grand Lahou – La ville de Grand Lahou est reliée hebdomadairement à Abidjan par un service fluvial lagunaire (Guid’AOF, édition 1948).
  • Région de Kong, une factorerie
Compteur d'affichages des articles
1189772