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Lomé, le Palais du Gouverneur.
Construit de 1898 à 1905, il abritait au rez-de-chaussée les bureaux et à l’étage les appartements du gouverneur, selon le modèle habituel des bâtiments coloniaux. Le gouverneur August Kohler (1858 – 1902), qui était au Togo depuis 1895, décida en 1898 l’emplacement à 250 m de la plage. Pour que l’ensemble de l’édifice puisse être vu depuis les navires en mer, et ce malgré un talus qui bordait le rivage, il reçu un sous-bassement de 3,50 m. Sur ce cliché, on distingue, au mat de drapeau du bâtiment, les couleurs françaises. L’édifice devait continuer en effet à abriter l’exécutif du Togo, durant l’occupation britannique, entre 1914 et 1920, puis sous le mandat français et même après l’indépendance, jusqu’à la construction de la nouvelle présidence, sur un terrain mitoyen, en 1970. Le journaliste Jean Martet raconte ainsi sa visite au Palais en 1933, à l’époque le gouverneur qui représente Paris dans ce territoire confié à la France par la SDN est Robert de Guise (dans cette fonction entre 1931 et 1933) : « Le bureau de M. de Guise est au rez-de-chaussée de cette grande construction vaguement moyenâgeuse qui a été bâtie par les Allemands face à la mer et qu’on appelle, pompeusement, le Palais du Gouvernement. Les appartements du gouverneur sont au premier : de grandes pièces, claires et fraiches, avec vue sur cette mer sans une voile, sans une fumée, et les mendiants du parc, les palmiers de la belle et large route qui borde la plage. Nous trouvâmes Mme de Guise comme elle était en train de donner des ordres à son chauffeur, lequel est prénommé Momo. Momo est un noir vêtu de blanc, avec, à la main, une belle casquette, Mme de Guise est une femme souriante et charmante. Elle vint à moi et me dit : - Il y a par ici une ville qui s’appelle Palimé. Palimé a élu l’année dernière sa plus belle négresse, Miss Palimé. Momo est passé par là et a enlevé Miss Palimé. J’aime beaucoup Momo. Je m’assis. C’était un grand salon avec de jolis meubles de bois clair, et, par terre, des tapis de fourrure, quatre tapis de fourrure » (1). Sources : (1) Martet, Jean, Les bâtisseurs de royaumes, Paris, Albin Michel, 1934.
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